L’EXTRAIT
L’Extrait from StoryCircus on Vimeo.
20 joueurs sur 23 ont joué le jeu.
Hugo Lloris, Steve Mandanda, Cédric Carrasso
La tyrannie des mal élevés.
Tout n’est pas pourri, mais rien n’est flamboyant.
J’ai beaucoup appris ces derniers jours, entouré de professionnels du foot, tous les soirs sur Europe 1.Le foot depuis tout petit…
Depuis tout petit. Rien ne m’y prédestinait. Mon père n’était pas particulièrement impliqué, ma mère non plus.
J’ai tapoté le ballon très tôt, un ballon en plastique de toutes les couleurs qui partait à vingt kilomètres, dans le vent, d’un bon coup de Kickers à pastille rouge ou verte. À la petite école, j’étais toujours partant pour un match. Au collège, il y avait des championnats inter classes. Les places étaient chères pour faire partie de l’équipe. Nous jouions sur des terrains de hand, il n’y avait donc que cinq joueurs de champ et un gardien. Cinq joueurs sur trente élèves, c’était chaud. De la sixième à la quatrième, j’ai tutoyé l’équipe première en de rares occasions, souvent remplaçant, à n’importe quel poste. Puis un jour, le déclic. Je crois que c’était en troisième, une reprise de volée sortie de nulle part, le genre de but qu’on ne voit qu’à la télé et qu’on est bien en peine de reproduire sur commande. Un but de légende, comme on en marque dans ses rêves en finale contre Liverpool, l’Ajax ou le Brésil. Je n’ai jamais plus quitté l’équipe première jusqu’à la Terminale. Après cela, jusqu’à aujourd’hui, j’ai intégré quelques équipes, des championnats d’entreprise, des groupes d’amis du dimanche, et maintenant du lundi. Tout en jouant, j’ai suivi les matchs, les équipes, d’abord fan de Bordeaux (par attachement à St-Jean-de-Luz, allez comprendre), puis de Monaco (pour le maillot qui me rappelait l’Ajax) et enfin le PSG, par devoir. Quant à l’équipe de France, elle m’a causé mes premières et dernières larmes télévisuelles un jour de demi-finales à Séville en 1982. Ce jour-là, j’étais avec mon père dans la salle TV de l’hôtel où nous étions en vacances sur la Costa Brava. Dans la salle, 99% d’allemands et nous deux. À la fin, nous sommes remontés dans la chambre et j’ai pleuré, mon père m’a consolé, je m’en souviens comme si c’était maintenant. Je kiffe le foot pour mille raisons qui tiennent à l’émotion, à l’esthétique, au suspense, au groupe, aux couleurs des maillots, à l’odeur du ballon, à la lucarne opposée, aux injustices, au fait que tant de gens le détestent.
Ce soir et tous les soirs jusqu’à la finale le 1er Juillet, je serai sur Europe 1 aux côtés de Guy Roux et de toute la bande de Laurent Guimier, pour commenter et s’amuser de ce sport qui nous procure tant de petites et pourtant magnifiques émotions. Je n’y serai pas en spécialiste, juste en amoureux de mauvaise foi. Si mon père voyait ça, il rigolerait bien je crois… Et moi je surkiffe.
Cette année, c’est sûr, j’arrête de fumer. Je ne mange plus de crème brûlées. Je cours trois fois par semaine. Je ne regarde plus les conneries à la TV. Je fais une expo par mois. Je finis mon livre en écrivant le soir. Je… (remplissez les cases).Balles neuves.
L’été approche et le bruit de la tondeuse à gazon me replonge inexorablement dans le passé, cette période exceptionnelle où l’on hésitait, pas longtemps, entre réviser le Bac, regarder Roland Garros ou carrément aller jouer au tennis pour faire comme les grands. Petites jupettes au Club House, odeur des balles neuves et bruit de la boîte quand on l’ouvre ; ce "pshiiiiiiiit" si particulier, cet opercule que l’on jette et les quatre balles toute poilues qui tiennent dans la main puis sur la raquette posée à plat. Balles neuves, soleil, un peu d’eau fraîche et les traces de terre battue sur les chaussettes. On espérait jouer sur le meilleur terrain, celui près du public et des jolies filles, ça faisait partie du plaisir. Je m’imaginais ce matin devoir choisir entre réviser le Bac ou jouer au tennis, j’avoue que je n’ai pas mis longtemps à me décider. Balles neuves.
20/20 à ce docu sur Michel Onfray
Découvert sous un jour que je ne connaissais pas.
(une image que j’adore, à 17’50" jusqu’à 18’20", la chorégraphie de cette dame (sa mère ?) qui fait tout pour s’effacer derrière lui. Touchant.)

