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TOC c’est fini, j’espère que ce n’est pas à cause de mon article ?!?

juin 14, 2007

Il y a quelques semaines, mes camarades de TOC m’avaient offert une magnifique double-page dans laquelle je m’étais bien amusé à l’exercice de la chronique ciné. Depuis ils ont fermé.

Affiche_iwo_jimaIwo Jima mon amour…

Avec ses « Lettres d’Iwo Jima », le fraîchement décoré et ultra récompensé Clint Eastwood nous propose un film de guerre avec plein de Japonais dedans, du sang, des explosions et beaucoup de sable noir.

Il n’est pas bon être soldat Japonais sur Iwo Jima en février 1945. Abandonné par un Etat major affaibli, isolé sur une île montagneuse et pétrie de lave brûlante, vous n’avez que votre sabre pour pleurer en attendant que 40 000 Marines ne viennent vous déloger comme un rat embusqué. Saigo le boulanger, interprété par le très adulé Kazunari Ninomiya, campe le héros Japonais auquel on s’attache naturellement. Il est suffisamment rare de s’attacher à un héros Japonais pour le signaler. La dernière fois que cela m’est arrivé, c’était dans « L’Empire des sens » et le héros était une geisha, nue la plupart du temps et globalement très motivée. Ici, point de légèreté, notre bon Saigo se voit trimballé par le sort, de capitaines en commandants improvisés, d’ordres en contre-ordres, et sert de témoin à cette immense absurdité. Quelle connerie la guerre ! Sous son regard de boulanger, tel Jean Lefebvre dans la 7ème compagnie, le petit Saigo se débrouille pour survivre, remplir sa mission et ne pas mourir d’une gastro tout en conservant sa liberté individuelle.

Se faire sauter le caisson

Après les « Mémoires de nos pères », qui développait le point de vue américain sur cette même histoire, on découvre avec Clint Eastwood que le Japonais est un être comme les autres, avec une famille au pays, un jeune bébé qu’il n’a pas vu naître, des souvenirs entre potes et des problèmes de digestion. Oui monsieur, le Japonais n’est pas juste un gars qui crie « Banzaï » dans un avion sur Pearl Harbor, c’est aussi un gars qui crie « Banzaï » dans une caverne ou sur la plage, se faisant sauter le caisson à la grenade, parce que se rendre est un déshonneur, c’est mal, c’est anti-culturel, ce n’est pas bien vis-à-vis des copains ou de l’Empereur… Tant pis si ça pique.

WatanabeÀ la tête des troupes Japonaises, le général Tadamichi Kuribayashi (dit « Kuku ») fait preuve d’une grande humanité, sait écouter ses hommes, refuse les compromis, boit du Johnny Walker et nettoie son colt 45 en souvenir du temps où il partageait les tables les plus huppées d’une folle Amérique. Son homme de main, le Baron Nishi (pas de chance) fait le beau gosse Japonais de service, montre la même humanité vis-à-vis de ce soldat Américain égaré et blessé qui est fait prisonnier ; Nishi lui parle en anglais, le soigne aimablement, montre la photo de lui prise à Los Angeles lors des Jeux Olympiques en 32, quand il gagna la médaille d’or d’équitation… Ils se comprennent et se disent que, bien sûr, c’est bête, en d’autres temps, d’autres lieux, ils auraient pu être amis. Mais là, non, les deux vont mourir sur cette île, ils le savent.

Ça canarde de partout, on ne s’entend plus. Nos pauvres Japonais se font piétiner mais résistent avec courage, sans renforts ni munitions, creusent des galeries, se planquent, surgissent et réalisent : ils n’iront pas loin, c’est mathématique. Face à cette réalité implacable, chacun y va de sa stratégie : on fonce dans le tas, on se rend ou on joue au seppuku. Grand moment du film, la séance de grenades ventrales collectives, aussi douce qu’un kilo de viande fraîche, aussi poétique qu’un marché de Bagdad. Hara-kiri !, le suicide des japonais déprimés en culotte courte.

Mauviette à l’occidentale

NinomiyaMalgré la simplicité des caractères et des émotions, je suis rentré dans ces Lettres comme une jeune fille en fleur découvrant « Sissi l’impératrice ». Le beau Saigo est devenu mon ami et sa petite tête de manga m’est apparue fort sympathique. On se met rapidement à détester le méchant Américain qui pulvérise le gentil Japonais. On finit par se dire que c’est beau un Japonais qui se fait seppuku, et que moi, à sa place, je me serais rendu comme une sale mauviette d’occidental individualiste. On se remet à penser que c’est con la guerre. Ce n’est pas un scoop, certes, mais ça va mieux en le redisant. Et, surtout, dans ces instants où le Général écrit à sa femme ces fameuses lettres, on se dit que cela doit être terrible cette distance avec l’amour, la famille, cet éloignement forcé, motivé par quelque chose de plus fort que soi et contre lequel on ne peut rien. Le tout bien emballé dans une musique de Kyle Eastwood, le fiston, qui vous colle un frisson incompréhensible. Voilà comment un film de guerre rigoureusement monté parvient à vous toucher le cœur sans même vous en apercevoir. En tant que sosie officiel du grand Clint et admirateur indécrottable de son œuvre, je me suis demandé s’il m’était possible de ne pas aimer. De sortir de là en balançant un « mouais » ou un « il baisse le Clint ! ». Non, il n’y a rien à faire, le mec a réussi son coup, simple, à l’américaine, avec de belles images et une histoire accessible, des balles qui ricochent dans le casque en THX et une mélodie à faire pleurer un rottweiler.  On a la sensation que les acteurs Japonais jouent bien, ce qui nous change des performances de Ryu ou d’Ayato dans Sankukaï.

Quel plaisir immense de finir un texte sur les Lettres d’Iwo Jima en citant Sankukai. Encore un coup à se faire ami avec la critique…

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13 commentaires leave one →
  1. juin 14, 2007 3:21

    T’es taré mec…
    T’as du talent, mais t’es taré… 😉

  2. juin 14, 2007 3:34

    Sankukaï Sankukaï
    C’est un message, c’est un message
    Sankukaï Sankukaï
    C’est un voyage, c’est un voyage
    Sankukaï Sankukaï
    C’est la bataille, c’est la bataille
    Sankukaï Sankukaï
    Dans les étoiles, dans les étoiles
    c’était fort, moi je dis

  3. juin 14, 2007 3:52

    C’est con, c’était vraiment pas mal TOC …

  4. humour japonais permalink
    juin 15, 2007 9:27

    très triste de la disparition de TOC

  5. juin 15, 2007 9:36

    VinVin…. t’a des TOC ? 😉

  6. juin 15, 2007 10:10

    Ah ouais ce film là…Au début de la séance j’ai dit à mon cousin Bernard : « Tu vas voir, là, il nous fait des circonvolutions, mais à la fin j’te parie qu’on va retrouver les lettres..d’où le titre… »
    On a regardé les japonais tourner en rond sur la plage, abandonnés. A la fin, mon cousin m’a poussé du coude et cligné de l’oeil.
    – « T’avais raison Raymond, le titre suffisait. »
    – « Ouaip! » j’ai fait, tout en pensant par devers moi qu’avec le temps va, le vieux Clint ressassait mais qu’on lui pardonnait, y compris d’essayer de nous faire passer les longueurs monotones pour de la rigueur (ha ha! Bien essayé old fox!). Je savais d’ores et déjà et de toutes façons que j’en reprendrai une louche la prochaine fois.
    Là-dessus mon cousin est tombé par terre et je suis rentré seul(des fois il m’énerve).

  7. juin 15, 2007 10:55

    Rien à voir, ou pas tout à fait.
    Je tombe souvent par hasard sur des films à la télé. La plupart du temps, quand je tombe, comme ça, il ne se passe pas grand chose. Et puis, de temps en temps, j’entends un gros bruit de boîtes de conserve ; cela veut dire que je ne suis tombé sur un bon film avec plein de bonne boîtes de bobines de vrai cinéma dans les pattes.
    Bref, je suis tombé sur un film de et avec Eastwood (et Kyle dans le rôle du gamin), film dont je n’ai pas le titre, mais qui raconte l’aventure, ou plutôt la fin de la vie d’un certain XXX stovall (j’ai oublié le prénom), chanteur de country.
    Excellent. Vraiment excellent film. Du grand Eastwood. Emouvant, sincère. Et puis cette façon de filmer l’Amérique profonde des années 40 pas encore prise dans le tourbillon du productivisme ; cet air de liberté, d’après western. Ahyaa!!! (non je n’éternue pas, j’imite le cow-boy qui démarrre sur son cheval)

  8. juin 15, 2007 11:02

    Laurent…. le cowboy ne fait pas Ahyaa, il fait Hiiiiii-hhhaaaaaaa!! 😉

  9. biniou14 permalink
    juin 15, 2007 12:13

    tu devrais écrire plus souvent !! C’est assez impressionnant.

  10. lôtre permalink
    juin 15, 2007 2:50

    Laurent> Le Film c’est « Honkytonk Man » et le prénom Red. C’est un des premiers films de Clint Eastwood en tant que réalisateur/acteur. J’ai vu aussi sur Arte le reportage sur « Clint Eastwood, réalisateur » ou il parle entre autre des Lettres d’Iwo Jima (très intéressant).
    Sinon Vinvin avec le post précédent je crois que l’on peut considérer que vous êtes le spécialiste des interviews en TOC ;-).
    Bon maintenant que vous avez fait vos preuves en tant que journaliste avec BERLEAND (Plua célèbre qu’ADJANI en son temps , tout ça, pouvez-vous , SVP, interviewer Julien Doré (le gagnant de la nouvelle star 2007) ???. Si vous n’y parvenez pas (Il est très demandé en ce moment ) vous pouvez toujours essayer d’interviewer Anthony Kiedis le chanteur des RED HOT CHILI PEPPERS , il ne joue pas de Yukulélé mais il lui ressemble à Julien, ça fera l’affaire….
    Comment ?!? c’est pas possib ?!?…..
    C’est pas une réponse de la part d’un grand-reporter-journaliste-bloggueur comme vous Vinvin (qui a réussi à interviewer BERLEAND entre deux portes). Pensez à Clint ou Ryu ou Ayato, ce ne sont pas des hommes à reculer devant le danger…..Ah, non j’oubliais vous avez renié Ryu et Ayato en vous moquant de Sankukay (grave erreur ) .Un conseil , évitez de mentionner Bioman si vous tenez à faire carrière….

  11. juin 17, 2007 9:55

    j’ai adoré Mémoires de nos pères mais je n’ai pas encore eu le temps d’aller voir Lettres d’Iwo Jima.

  12. juin 20, 2007 11:38

    Merci lôtre

  13. juin 20, 2007 11:40

    Romy : je te retrouve là ! Ok j’essaie : hiaiiaahiiaaiahaia !!!
    (bon faut que je m’entraîne, il y a mon cheval qui rigole)

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