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Bebel-Henri Lévy

octobre 15, 2007

Bhl
J’ai poussé jusqu’à la page 134 ce coup-ci. "Ce grand cadavre à la renverse", c’est exactement ainsi que je me suis senti en refermant le bouquin. Sacré toi BHL. Tu es fait pour le vidéo-blogging ! Branche toi une caméra sur la tête, tournée vers toi, et filme toi en train de penser, poser tes mots, t’aimer, te tripoter le prépuce en pensant à Saint-Augustin. Je l’entends, griffonnant sur la page blanche, Arielle pas loin, déclamer les phrases qui accueillent sa pensée, au demeurant pas si bête, admettons-le. Mais cette propension à s’écouter penser m’a fait rapidement penser à Belmondo dans le Magnifique, une référence. Toc toc, c’est moi, je vais en Yougoslavie, badaboum, coucou, j’suis en Afghanistan. Je suis là, je suis beau, je suis pur, j’admets que bon, mais quand même. Mes grands questionnements sont puissants et l’on peut lire en moi comme sur les tableaux noirs de la rue d’Ulm. Bebel-Henry Lévy me rappelle ces mecs qui se la pétaient en Terminale ou en Hypokhâgne, qui sous prétexte d’avoir fait douze heures de philo se prenaient pour Sartre ou Platon, débattant des heures, à la cafète, sur la notion de liberté ou de déterminisme, le tout en fumant des clopes et se recoiffant la mèche. Je le sais, j’en étais… BHL n’est pas sorti de sa cafète et il essaie toujours d’impressionner les filles avec ses lectures. Je vous ai gardé un petit extrait :
"Je me sens, sur ce point, disciple de Sartre ou de Levinas. Exprimé par Pasolini. Et même, une fois n’est pas coutume, d’accord avec la sagesse grecque qui elle-même, par exception, d’accord avec le dire Biblique (raisins verts des pères, dents agacées des fils…). Je sais, naturellement, à quelle mauvaise extrémité cette sagesse peut aussi conduire. Je suis informé des dégâts qu’elle peut causer (Sartre Justement, Nizan…), et du fait qu’elle n’est, en aucun cas, une garantie de sainteté (indépassable Nietzsche, dans sa typologie du coupable imaginaire…)."
Tu m’étonnes… indépassable Nietzsche. Et Nizan ? Sans parler de Levinas qui tâche !
Name-dropping façon Henri IV, avec le lecteur en otage. C’est beau, ça brille, on sent le gars qui a lu des livres, mais au bout d’un moment ça fait péter. J’ai craqué malgré les bonnes idées que je vous laisserai découvrir si vous avez le courage. Le gars a du coeur et de l’esprit, mais il cache l’un et l’autre sous un tombereau de fioritures romantico-egotiques. Du coup c’est juste un peu… Pfff.
Mais cela, une fois de plus, n’engage que moi…

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25 commentaires leave one →
  1. octobre 15, 2007 9:45

    Le passage en italique, après « je me sens », j’ai arrêté de lire, moi pas tout comprendre.
    Tu écris vachement mieux que lui.
    Des bizettes

  2. fredouille permalink
    octobre 15, 2007 9:47

    T’as raison !
    Ce qui me chagrine le plus avec ces dandys de cafète, c’est qu’il y a encore tant de gluants qui n’arrètent pas de racler le fond de danette, à la table d’à coté, se croyant plus intélligents et plus philosophes en buvant les éructations encéphaliques (oui je sais j’aime les expréssions médico-pharyngées !)…
    En fait les philosophes c’est comme les cafards dans la cuisine: on ne les voit pas, on sait qu’ils sont là, quand ils apparaissent on a une certaine tendresse, et on se prend un pied terrible quand on les écrase !

  3. Charlie Echo permalink
    octobre 15, 2007 9:52

    2 choses :
    – c’est amusant d’acheter un livre en sachant qu’on ne le lira pas ???
    – tu prêtes à BHL de petits réflexes intimes dont il est incapable, je crois. (là, le niveau descend un peu, désolé…)

  4. ouam permalink
    octobre 15, 2007 10:00

    Je préfère les bouquins de son frère, Marc.
    Au moins on peut en faire des films qu’on regarde en mangeant des chips.

  5. cocolastico permalink
    octobre 15, 2007 10:17

    C’est vrai ça ! Pourquoi acheter un livre qu’on ne lira pas, et d’ailleurs, que tu n’as pas lu jusqu’à la fin.
    Au moins si cela t’a fait dormir dans l’Eurostar c’est déjà ça de gagner. La prochaine fois prend le lorsque tu partiras aux états unis en 747…!

  6. octobre 15, 2007 10:30

    C’est là toute la problématique de BHL. Une intelligence vive, une capacité d’analyse très aiguisée, le tout gâché par une propension obsessionnelle à s’écouter parler. Je préfère personnellement les gens qui parlent aux autres, même s’ils sont moins étiquetés « intellectuels ».

  7. octobre 15, 2007 10:39

    Même par curisosité je ne pourrais pas ouvrir un de ses bouquins au Bernard. Ton extrait sans doute bien choisi me conforte dans ce choix car je n’ai rien mais alors rien pigé du tout!!!
    à plus

  8. las - des as[...holes] permalink
    octobre 15, 2007 12:23

    La clique des « nouveaux philosophes » (B.H. Lévy, Finkielkraut, Comte-Sponville, Glücksmann – eh con, sors !) sert à nos seigneurs de la classe dirigeante à neutraliser la pensée. Ils trônent avec superbe à côté des logiciels et des CD double-titre dans les rayons « culture » de nos grandes surfaces(même si la sournoise stratégie de fourre-tout industriel ne manque pas d’y glisser parfois quelques oeuvres majeures), tout en squattant parallèlement les plateaux de télé – parce qu’ils avalent bien…
    BHL, c’est une marque, un logo, une mèche de [mèche avec ?] la marchandise culturelle qui est fait pour noyer les idées et liquider les résistances : plus on parle de BHL (et d’Ariel/le) – en bien ou en mal -, moins on parle de Rancière, Badiou, Virilio – sur le fond.
    Une philosophie intacte, intègre, active, c’est-à-dire qui reste dans sa fonction la plus élémentaire de ré-inscrire l’individu dans une cité toujours plus mouvante, nous permet de nous ouvrir sur l’extérieur et d’agir avec conscience sur le monde ; et avec le monde.
    Comme il n’est pas certain que « le bonheur existe », je me demande quel courage ou pertinence il y a, à lire (con/sommer) du BHL ?

  9. Moh permalink
    octobre 15, 2007 12:30

    Il a les cheveux propres et soyeux.
    On ne peut pas en dire de même pour Minc et Attali.

  10. octobre 15, 2007 1:10

    page 134 tu as fait trés fort, à mon avis si tu avais eu tes ecouteurs en avion tu en aurais pas lu autant.

  11. octobre 15, 2007 2:17

    Je l’ai vu parler de son bouquin chez Durand. Ben déjà, il m’a trop saoûlée pour que je franchisse le pas de « l’achat-par-curiosité ». Le type est effectivement brillant, mais il s’écoute tellement parler, il en étale tellement (comme un minot qui aurait besoin de prouver quelque chose), que juste ça ressemble à du branlage de mammouth. Et je pèse mes mots.

  12. Olivier permalink
    octobre 15, 2007 5:57

    Bah, oui il en resté au stade de la cafét et du statut de playboy littéraire… bah au moins il n’a apparemment pas renié ses « maigres »? convictions.
    D’autres se collent un nez rouge, de la farine sur la tête, et parle d’eux, d’eux, d’eux et d’eux… de leur humour, de leurs humeurs, de leur merveilleux monde de bobo de droite.
    Je ne sais pas ce que je préfère au demeurant.

  13. octobre 15, 2007 7:30

    Ce billet m’a fait mourir de rire, mais je suis reviendue à la vie pour te laisser un message.
    Au moins le personnage t’aura inspiré quelques bons mots… S’il s’écoute (beaucoup) parler, nous on aime (beaucoup) te lire. Si B H L n’existait pas, il faudrait l’inventer rien que pour pouvoir te lire à son sujet :-).
    L’humour est un trait d’esprit, c’est sûrement pour cela que l’on vient feuilleter aussi régulièrement les pages de ton blog…
    Et si tu lui proposais d’écrire quelques billets à insérer entre les chapitres de ses oeuvres 😉 ? Best-seller assuré !

  14. octobre 15, 2007 10:08

    C’était bien essayé, pourtant! Tu suivais les courbes et tout, finalement, c’est les lignes droites qui t’ont eu…

  15. lôtre permalink
    octobre 15, 2007 11:12

    Moi j’ai arrêté d’essayer de comprendre BHL le jour ou ma prof de francais de 3eme m’a humilié devant toute la classe en me soupconnant d’avoir demandé au groupe qui était passé avant nous, la réponse à la question qu’elle nous posait sur un texte de BHL (ça parlait d’amérique latine je crois) Genre un gamin de troisième ne peut pas comprendre du premier coup ce qu’a voulu dire le grand philosophe. Eh bien je voudrais lui dire à cette prof dont j’ai oublié le nom que je l’emmerde et que j’ai eu 16 au bac en philo sur le sujet « la liberté est-elle inaliénable » en ne citant aucun philosophe et sans réviser. (ça soulage , gloups, gloups )
    J’ai appris un nouveau mot sur internet : « name-dropping » ça veut dire en gros, si j’ai bien compris citer à tout bout de champ des noms de personnes célèbres et des références culturelles pour étaler son savoir et noyer le poisson. En français ça devrait s’appeller « Béhachélage ».
    PI>Pour donner un exemple de name-DROPPING je n’ai trouvé que :WILKINSON,WILKINSON,WILKINSON,WILKINSON,WILKINSON….ça énerve, hein Vinvin ?!? (Bernard-henri Levinvinas ) …..WILKINSON,WILKINSON,WILKINSON……

  16. octobre 16, 2007 3:14

    Quand je pense à lui. Me vient à l’esprit l’expression de « racolage philosophique »…Et si ça se trouve…c’est un compliment.

  17. William permalink
    octobre 16, 2007 4:52

    Ce qu’il y a de malheureux avec la mediatisation et BHL, c’est que cela nous fait oublier les vrais philosophes. BHL, a coté d’un hegel, derrida, foucault, eh ben il fait vraiment pale figure. Classons le en tant qu’essayiste, probablement un excellent essayiste qui s’ecoute parler (m’enfin, yen a beaucoup dans ce style), mais ce n’est pas un philosophe. on ne discute pas de philosophie, on l’ecrit, on essaie de la lire et de la comprendre, mais c’est tout. le reste est masturbation intellectuelle.

  18. William permalink
    octobre 16, 2007 4:54

    par compte il est beau gosse l’enculé. c’Est peut etre pour ca quon le lit…

  19. William permalink
    octobre 16, 2007 4:54

    par compte il est beau gosse l’enculé. c’Est peut etre pour ca quon le lit…

  20. pascale permalink
    octobre 17, 2007 9:14

    ce qui est too much, c’est que ce mec qui est né avec une cuillère en argent dans le bec, qui a jamais rien fait de ses 10 doigts à part une prose dite philosophique et qques romans pas impérissables, donne des leçons à la terre entière, et que tout le monde doive se fader sa trombine, sa bien pensance, car c’est ainsi, il fait partie du décorum médiatique depuis des lustres. au passage, y commence à faire un peu vieux beau , et là c’est pas bon pour son fonds de commerce.

  21. octobre 17, 2007 12:17

    C’est bien beaude philosopher du haut de son perchoir, mais aussi faut il savoir en redescendre pour comprendre ce que vit le petit peuple !C’est ce que j’aimais chez l’Abbé Pierre, cette humilité lui qui venait des beaux quartiers et qui philosophait mieux que BHL !

  22. octobre 18, 2007 11:10

    Exactement, tu as mis le doigt dessus, BHL n’est pas méchant, il a de idées, c’est pas mal, on est content pour lui et puis c’est toujours bien de penser, ça occupe, mais il s’écoute, il n’est jamais sorti de son école, de son milieu, de ces années où l’on s’écoute et où l’on se croit je ne sais quoi. Il ne s’est frotté à la vie qu’en voyage, il fait des voyages humanitaires, après il écrit dessus ces pensements, on dirait qu’il a créé une sorte d’United Planet pour gens qui pensent parisiens. On a envie qu’il aille sans reporter, sans photographe, sans Arielle, tout seul, dans la vrai vie, faire des trucs fous comme travailler dans un bar, remplir des papiers de demande de résidence à l’étranger, postuler à un poste pour gagner sa vie (il sait pas ce que c’est, je l’envie, mais ça se sent dans ses textes : le porte monnaie toujours plein rend le penseur mou).

  23. octobre 18, 2007 11:12

    United Planet : il y a un site mais je sais pas mettre le lien.
    Gens qui pensent parisiens : gens qui pensent et qui sont de nationalité parisienne (il y en a d’autres c’est un club).

  24. octobre 18, 2007 4:19

    « …le tout en fumant des clopes et se recoiffant la mèche. Je le sais, j’en étais… »
    La même mèche, tu dis ? C’est vrai, t’avais la même mèche ?
    Alors, la même intelligence (en version rigolo et grand public) + la même mèche… Chapeau bas, mon vieux ! Les filles devaient tomber comme des mouches !

  25. frackmar permalink
    décembre 1, 2007 6:48

    pour appréhender le concept BHL, le mieux c’est de revoir ces images où il est interviewé couché à plat ventre derrière un mur en Bosnie (et que le reporter à genoux,lui, lui tend le micro)alors que devant ce même mur passent en sifflotant 2 soldats britanniques (je crois). Ca résume bien le bonhomme ;o)

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