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Dans mon sac de madeleines, il y a un bar avec un flipper…

mai 10, 2008

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Entre 1986 et 1993, j’ai passé une grande partie de mes journées dans un petit bar nommé… "Le petit bar". A quelques foulées montantes de la Gare de Saint-Cloud, près du Monop’, le p’tit bar de la grande époque était tenu par un type un peu bourru qui s’appelait Charles. Mélange de Jean Gabin et de Lino Ventura, il avait le profil et la gouaille de la brute au grand coeur qu’il ne fallait pas chercher trop loin. Le p’tit bar, c’était le rendez-vous des Lycéens, ceux de "Schmitt". Après les cours, nous nous retrouvions là à cacher nos acnés, ajuster nos fringues et fumer nos clopes avec style, préparant les soirées du vendredi et/ou du samedi à venir, ou commentant les regards et les comportements de Carine ou Vanessa. Il fallait s’y voir, dans ce bar de la taille d’un bus, tout en longueur, alterner cafés et demis en taquinant de la jouvencelle… Trônant derrière la devanture, un flipper servait de point d’appui à nos joutes les plus rudimentaires. Ce flipper, c’etait l’Amazon Hunt. La légende des flippers, le flipper fondateur. D’une simplicité remarquable, l’Amazon Hunt n’avait rien de tous ces artifices des flippers d’aujourd’hui, gadgets, froufrous toujours en panne qui gâchent le plaisir, rampes, têtes de monstres surgissant de nulle part, portes qui s’ouvrent et se bloquent, etc. NON. Rien de tout ca. L’Amazon Hunt brillait par son dépouillement. Il fallait descendre toutes les target jaunes latérales, passer dans A, B et C, et alors le specos s’allumait à droite et à gauche. Simple ? Pas tant que ça. Combien de francs, de clopes, de regards et de défis avons-nous depensés, avec mes potes Coco, Stan, Tonio, Laurent, Francois, Tristan, Vincent et les autres… Parfois les filles venaient s’imiscer, gâcher quelques boules en appuyant en même temps sur les deux boutons, laissant un trou béant engloutir leurs rêves de claquage. Sans parler de ces "Tilts" provoqués par la colère d’une extra ball ratée de si peu. Un coup de pied trop porté et Charles nous gueulait dessus en nous invitant à nous calmer vite fait fissa.
J’avais 16 ans, puis 20, puis 24.

Quand j’y repasse aujourd’hui, de temps en temps, j’observe les jeunes de Schmitt, les nouveaux proprio. Il n’y a plus de flipper. Mais toutes les images se superposent et je ressens comme acquis, comme une large part de moi-même, le bonheur de ces années-là.

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18 commentaires leave one →
  1. mai 10, 2008 1:58

    Une génération après, le Medieval Madness & Attack From Mars restent mes deux références pubertaires 🙂
    Et pour le baby foot, tu jouais comment la gamelle?le cendrier?la barre du goal? 🙂

  2. mai 10, 2008 2:28

    J’ai apprit à jouer sur une antiquité nommée « Buck Rogers » puis je me suis laché sur « Earthshaker », « Addam’s Family », « Wind je ne sais quoi ». Mais les vieux restent les meilleurs.

  3. New-Yorkaise permalink
    mai 10, 2008 3:42

    C’est drole comme les tenanciers de bars ressemblent souvent a Charles…

  4. mai 10, 2008 10:04

    merci pour cet hommage a l’Amazon Hunt; je l’avais oublie…
    Que de temps passe avec lui avant le lycée, pendant et après…y a des flippers à san Francisco?

  5. Antoine permalink
    mai 10, 2008 10:19

    Moi aussi je connais bien le petit bar!!!
    Pour moi, c’était plutôt 97…2004.
    Pour info mon cher Vinvin, le lycée Florent Schmitt s’appelle aujourd’hui Alexandre Dumas et les lycéens ont perdu l’originalité qui caractérisaient les Schmittarts…
    Charles a été remplacé par Momo et Rachid (avant 97). Momo et Rachid ont même acheté le « Beau Site » quelques rues plus loin (où d’Ornano a été écrasé par une bagnole en allant acheter de clopes).
    Aujourd’hui, les odeurs de pisse et de transpiration ont remplacé celle du tabac mais on peut prendre un verre en terasse sur des chaises bancales à 30cm des voitures qui passent à 60km/h.
    Ca me fait flipper…

  6. Claude M. permalink
    mai 10, 2008 10:55

    Sauf que le « Schmitt » a été débaptisé, tu le sais peut-être, suite à la découverte tardive des exploits politiques du compositeur Florent Schmitt.
    Tout se perd….
    Claude M.

  7. mai 10, 2008 2:36

    tu sais cyrille, en 2004, (je relis mon blog en ce moment) j’avais fait une note sur les flippers, et tu avais répondu en parlant de celui là, je crois…

  8. ouam permalink
    mai 10, 2008 4:03

    Moi j’ai écumé le Bora Bora, on disait le Bora, derrière le Parc Impérial de 85 à 90. Ensuite ça s’est appelé le Surf mais on a jamais utilisé ce nom.
    J’ai bien du mettre 3 ou 4000 balles dans le billard et le juke box, sans parler des cafés.
    J’y suis jamais retourné curieusement.

  9. mai 10, 2008 5:33

    faut-il croire aux études sociologiques? selon celles-ci
    le flipper est une projection masturbatoire! bah c’est vrai je pense!

  10. Gilles permalink
    mai 10, 2008 5:59

    Quelqu’un qui gâche sa belle jeunesse sur un flipper peut pas être foncièrement mauvais!
    Rien que pour ça il te sera beaucoup pardonné.
    (perso c’était le « big indian » ; mécanique et électrique pas une once d’électronique ou de saloperie de microchip inside. Bref un flip d’homme, un qui s’affronte à mains nues, la sueur au front et le demi à portée de gosier… ‘tain les souvenirs remontent en rangs serrés et me titillent les lacrymales.
    Des fois, Vinvin, t’es chiant…
    P.S. t’es à San-F en juillet?

  11. mai 11, 2008 6:10

    Quelques années après, (97-00) le p’tit bar etait toujours la, et charles remplacé par Momo… Mais les schmittards y etaient moins assidus… bien plus qu’au cours de maths quand même… Et toujours le flipper dans le coin, près de la fenetre exterieur, repondant de ses joyeux bruits au diffusion repete et invariable des dvd live de mylene F ou johnny H… C’est marrant, mais relire ces noms, maintenant que je suis a Stuttart, d’un monsieur qui est lui même a San Fransisco, ça fait remonter des souvenirs bizarres…
    Et schmitt, maintenant c’est Alexandre Dumas (consciencieusement et régulièrement « tagué » pour que ce nouveau nom ne soit pas vu…)

  12. mai 12, 2008 9:53

    Ton texte a un bon air de « chez Laurette  » de Delpech !
    J’adorais l’amazon hunt. J’y ai joué pendant des années… Il existe encore dans pleins de petits bars de banlieue…
    Elle est touchante, ta medeleine, Mr Vinvin Proust…

  13. mai 12, 2008 7:52

    Les madeleines des autres ont cet effet magique, quand elles sont bien écrites ou racontées, de vous faire fondre aussi, et de vous ramener à vos propres madeleines… Merci Vinvin

  14. mai 12, 2008 10:01

    Excellent 🙂 j’allais aussi prendre des verres avec mes potes de Schmitt dans ce « ptit bar » là… à défaut de flipper, nous jouions au Tarot et faisions pétarader nos mobs.

  15. mai 13, 2008 9:37

    ah les spécos… et autres tilts, par contre juste avant (84-86) c’était au bar de l’autre coté de schmitt que j’étais (plus de flippers, même assiduité), sympa ce petit morceau de revival 😉

  16. mai 13, 2008 5:10

    comment as-tu pu faire une note sur le petit bar, sur les anciens de schmitt (qui s’appelle plus comme ça) et sur saint cloud sans parler de moi mec. tu faiblis, le ricain, tu faiblis.
    je suis content de t’avoir – potentiellement – foutu minable au foot au stade de la marche, souviens toi de mes tacles venus de l’enfer mec.

  17. juin 16, 2008 2:11

    Ca a changé ici dis-moi… Je reviens y faire un tour. Moi aussi je suis un ancient de Schmitt. Super hein ?

  18. juin 16, 2008 2:13

    Dire que je suis allé vérifier l’orthographe de « Schmitt » dans Google mais j’ai écrit « ancien » avec un T à la fin… :-/

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