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Au carrefour y’a des Mexicains !

juin 23, 2008

C’est sans doute l’un des trucs qui m’a le plus touché depuis que je suis à San Francisco, et qui continue de me provoquer de drôles d’émotions… Chaque matin, pour me rendre au bureau, je tourne à gauche sur Cesar Chavez street, pour m’emgouffrer sur Folsom Street. A l’angle de Folsom et de la 26ème, il y a le betail. Des pelottes de Mexicains, immobiles, leur café à la main, l’espoir caché sous leurs capuches trop grandes,… Ils attendent du travail. Ils sont là, des heures, sans bouger, à espérer que quelqu’un passe et en prenne trois ou quatre pour peindre, plomber, careler, toiturer, souder,… Ils attendent parfois pour rien, souvent. Ils discutent, ou même pas. C’est l’ANPE sauvage, sans listings ni intervention de l’Etat. Juste un regard qui scrupte à l’horizon la voiture d’un potentiel entrepreneur, en bâtiment. Comme les putes ou les portiers des sex-shops, il leur arrive parfois de m’interpeller… Sorte de "Senor, senor !" nourri de misère. Comme si j’allais improviser un ravalement de la façade ou des travaux dans ma salle de bain. Qui ne tente rien n’a rien…

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9 commentaires leave one →
  1. emmanuel permalink
    juin 23, 2008 5:49

    Il n’y a pas qu’à SF malheureusement. Quai d’ISSY sortie de périphérique, les mêmes carreleurs, maçons, plombiers, charpentiers, peintres, soudeurs sont là aussi sur le trottoir. Le même regard scrutant l’entrepreneur. Ce ne sont pas des mexicains mais des roumains ou des serbes et ils ont eux aussi traversé leur rio grande et pourtant il y a l’ANPE pas loin. (global village)

  2. juin 23, 2008 6:17

    Mon Cyrille, peut etre est ce l’heure pour toi d’écouter « Senor », de Bob Dylan…

  3. juin 23, 2008 6:32

    A Washington aussi…. ma mère leur donne du travail depuis des années. Ils mènent une vie très dure.

  4. juin 23, 2008 7:29

    Devant m, b, p, on met un m au lieu d’un n, mais pas devant g! 😉
    Faut pas se blinder. C’est chiant, c’est encombrant, mais faut pas.

  5. ouam permalink
    juin 23, 2008 11:39

    Ok pour le ravalement, ça s’improvise pas.
    Mais pour les putes tu peux peut-être faire quelque chose …

  6. juin 24, 2008 8:44

    Ardalia prof de français! ardalia, prof de français! elle vient chez moi aussi me reprendre, t’inquiete Cyrille. Ardalia, prof de français! Bisous mon amie ;)))

  7. juin 24, 2008 6:51

    @Hervé, et encore, je vous ai épargné les exceptions! 😉

  8. sandiet permalink
    juillet 1, 2008 12:12

    Ils se comportent à SF de la même façon qu’au Mexique où le recrutement pour du travail temporaire se fait ainsi. Au Mexique, on les trouve souvent dans les grands villes près de la gare routière. Ils viennent des campagnes. Une fois quelques pesos gagnés, ils retournent de là où ils sont venus jusqu’au prochain voyage à la ville.

  9. loran permalink
    juillet 9, 2008 1:43

    Ce post, que je découvre tardivement,
    est superbe.
    Tres tres bien écrit, c’est un carnet de voyageur.
    Franchement meme si je suis le seul fan, j’en veux encore des comme ca.
    Une fenetre ouverte sur ailleurs avec humanité.

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