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Le marque pages

septembre 1, 2008

Je suis rentré d’urgence, vendredi dernier, premier vol pour Paris depuis San Francisco. Une urgence impuissante, tributaire du décalage horaire et de la distance. Trente-six heures se sont déjà écoulées depuis que mon père est mort…

Trente-six heures au bout du monde, inutile, à penser à maman déchirée par la brutalité de cette disparition. Trente-six heures à dominer mon vertige et mon incompréhension. Une douleur ventrale, mon coeur est aspiré vers le vide, j’ai la peau qui chauffe et je ne comprends plus. Tout résonne bizarrement, il fait si beau à San Francisco, les vacances s’étaient bien passées et la rentrée s’annonçait pleine de joie.

Mon père s’est levé après le repas, dans cette maison de Nornandie qu’il aimait tant. Les gens riaient, chantaient même. Pris par un vertige, il s’est assis en retrait derrière le groupe, puis il est mort. En quelques secondes, foudroyé par on ne sait quoi.
64 ans, c’est jeune pour un vieux.

Sur sa table de chevet dans la maison de ma jeunesse, il y a ce livre. Maman m’a dit qu’il le lisait depuis des semaines, lentement, s’arrêtant à chaque page pour penser des heures, le regard figé vers une profonde mélancolie. Le livre est là, tel qu’il l’a laissé… Je suis entouré de son odeur, des choses qu’il voyait en se couchant, des objets qu’il avait posés là. Et ce livre dans lequel un marque page a stoppé le temps page 186. Il l’a lu pendant des semaines, mais il n’est pas allé au bout des 242 pages. Il en a lu des livres, mais celui-ci était le dernier, celui-ci et pas un autre.

Je n’ai pas lu un vrai livre depuis des mois. Dans le silence de ma première nuit, je ne trouve pas le sommeil. Défait par le décalage horaire et l’absurdité, j’ai les yeux grand ouverts, il est deux heures du matin. Je prends le livre. Le marque page est en tissu blanc avec un oiseau brodé en son centre et un petit pompon au bout. Sans doute le tenait-il de sa mère ou quelque chose comme cela. Si on enlevait le marque pages, le livre s’ouvrirait tout seul à cet endroit.

Je veux comprendre. Pourquoi avait-il mis tant de temps à lire ce livre, pourquoi l’aimait-il autant, pourquoi ne l’avait-il pas fini et pourquoi je devais le lire… J’ai laissé le marque page là où il était, décidant que je ne dormirais pas tant que je ne le rattraperais pas. Rattraper mon père, le retrouver entre les lignes, suivre son chemin et l’embrasser à l’arrivée, page 186, peut-être aller plus loin, nous verrons.

"Les années" (Annie Ernaux) est un roman merveilleux, autobiographie impersonnelle de l’écrivain, défilant le temps qui passe de 1940 à nos jours, livrant moult détails sur les événements qui ont marqué chacune des étapes de sa vie. L’héroine est Normande. Vacances sur la Costa Brava, les Beatles, la pilule, le désanchantement… Mon père a lu chacune des pages comme on parcourt les albums photos de sa propre existence. Le livre se lit comme une chanson de Voulzy teintée de Camus ou de Proust, avec en toile de fond le Larousse du XXème siècle.

Je lis à toute vitesse, à la recherche du temps passé par mon père, posant mes mains là où il les a posées, sentant par moment les pages et retrouvant la chaleur de sa peau, il avait toujours les mains brûlantes et ça m’impressionnait… Fatigué, les yeux lourds, je me rapproche de la page 186 et ça me fait peur. Je sais qu’une fois passée cette limite, le livre redeviendra un livre comme les autres, son dernier livre, et l’oiseau du marque pages n’aura plus rien à faire.

Page 186. J’y suis. Rien de spécial sur ces pages. Rien de marquant, c’est juste là que mon père, après avoir lu des milliers de livres, s’est arrêté de lire… Je décide de poursuivre, d’aller au bout, même si les dernières pages me plaisent moins car elles correspondent aux années que j’ai connues. Elles ne me racontent pas mon père, elles me racontent moi sans mon père, des années Mitterand à nos jours… J’ai laissé le marque pages page 186, je ne veux rien toucher. Cette lecture que je prolonge est une sorte de formalité que je dois accomplir, comme on habille un corps ou résèrve un caveau.

Dernière ligne, la plus belle : "sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais".

Je referme le livre et le repose sur la table de nuit, tel qu’il etait.

120 commentaires leave one →
  1. septembre 1, 2008 9:27

    Mes plus sincères condoléances.

  2. septembre 1, 2008 9:28

    Bon courage Vinvin, merci pour ce texte magnifique.

  3. septembre 1, 2008 9:28

    Bon courage mec, je sais que c’est difficile.
    La bise.

  4. JMV permalink
    septembre 1, 2008 9:38

    j’ai rarement lu un texte plus beau et plus sincère.
    Tu n’as pas que du talent dans la déconne.
    Courage.
    Amitiés
    JM

  5. Fred permalink
    septembre 1, 2008 9:47

    Tu m’as fait repensé au décès de ma mère par la juste description des sensations du moment.
    Respect et courage Vinvin.
    Merci.
    Fred

  6. septembre 1, 2008 9:49

    Bon courage Vinvin,
    Tu n’es pas seul.
    Toi aussi tu es un père. Le relai est passé.
    Va, vis, deviens.
    Que tu sois dans la lumière pendant cette difficile épreuve.
    Je t’embrasse,
    Sophie

  7. septembre 1, 2008 9:58

    Désolée pour cette douloureuse perte inattendue. j’ai perdu des êtres chers cette année, mais j’ai les larmes aux yeux en imaginant que je vivrai la même déchirure quand mon père partira (le plus tard possible, I hope).

  8. septembre 1, 2008 10:05

    Toutes mes condoléances dans ce moment douloureux.

  9. septembre 1, 2008 10:18

    Putain, le marque pages…
    On est avec toi…

  10. septembre 1, 2008 10:20

    Il y a un peu plus d’un an, au départ de maman, j’ai reçu ce message d’une amie web 2.0. Depuis à chaque départ, je fais passer ce même message à celui ou à celle qui reste. Lire absolument Montedidio d’Erri de Luca d’où est tiré cet extrait :
    […] les fois où il me vient la pensée d’un manque, je dois l’appeler présence ?
    – « C’est ça, et à chaque manque tu souhaites la bienvenue, tu lui fais bon accueil. »
    – Alors quand vous vous serez envolé, je ne dois pas sentir votre manque, moi ?
    – « Non, dit-il, quand il t’arrive de penser à moi, moi je suis présent. »  »
    64 ans c’est très jeune. Alain-époux en a 66, et mon père 88. Je suis vieille. Il n’y a pas de jour ou je ne m’angoisse pour eux.

  11. septembre 1, 2008 10:33

    Je pense à toi mec.
    Bon courage

  12. Lene permalink
    septembre 1, 2008 10:39

    Je te lis depuis longtemps mais n’avais encore jamais « osé » commenter.
    Je le fais aujourd’hui car ton texte m’a profondément touchée. Justement, en lisant le début, j’ai tout de suite pensé à du Annie Ernaux. Ces phrases courtes, ce style haché, ce choix précis des mots. Mais il y a plus d’émotion dans le tien.
    Mon préféré de cette auteure c’est « La place », dans lequel elle raconte son père, justement.
    Toutes mes condoléances, et courage dans cette épreuve difficile…

  13. ennorab-annie Bardaine permalink
    septembre 1, 2008 10:40

    Bon courage Vinvin… Silence
    Annie

  14. Nicolas permalink
    septembre 1, 2008 10:50

    Une pensée pour toi et ta famille.
    La vie se ralentit quand on est bousculée par ces événements et ça nous permet de nous refocaliser sur l’essentiel, la famille.
    Bon courage mec

  15. septembre 1, 2008 10:51

    Si ton père ta savais heureux, c’était la chose la plus importante pour lui.
    je te souhaite que le temps fasse vite disparaître la douleur, ton père n’aimerai pas te voir souffrir, penses y.

  16. septembre 1, 2008 11:34

    Mes plus sincères condoléances Cyrille !Quel texte émouvant, bon courage.

  17. septembre 1, 2008 11:35

    Quel que soit l’âge qu’on ait, on se sent orphelin à ce moment là.
    C’est une des choses inconcevable qui arrive, qui fait que rien ne sera plus jamais comme avant et rien ne nous y prépare jamais.
    Courage et bisous.

  18. septembre 1, 2008 11:45

    Toutes mes condoléances, courage en ce moment difficile…

  19. septembre 1, 2008 12:03

    Un texte sublime.
    Condoléances et bon courage.

  20. septembre 1, 2008 12:08

    Une pensée, des émotions…
    courage… et pense à ceux qui restent.
    La bise.

  21. septembre 1, 2008 12:08

    On ne se connait pas spécialement, mais je te présente mes condoléances et pense à toi.

  22. Luciole permalink
    septembre 1, 2008 12:18

    Je suis sincèrement désolée pour toi… Et très touchée par ton témoignage. C’est très beau…
    Mes pensées t’accompagnent et je t’embrasse.

  23. Cyril Villemain permalink
    septembre 1, 2008 12:30

    Toutes mes condoléances. Bon courage dans les moments difficiles à venir, je pense à toi…
    Cyril V.

  24. septembre 1, 2008 12:35

    Une pensée pour toi.
    G.

  25. septembre 1, 2008 12:37

    Toutes mes condoléances et bon courage pour la suite.

  26. septembre 1, 2008 12:48

    Merci pour ce superbe texte
    Bon courage

  27. septembre 1, 2008 12:54

    Mes plus sincères condoléances VinVin !😦

  28. septembre 1, 2008 1:42

    La mort de ses parents, c’est un truc qu’il faudrait JAMAIS que ça arrive.
    Vraiment.
    Plein de pensées pour toi et les tiens.

  29. septembre 1, 2008 1:55

    Elles sont belles et troublantes mais, sincèrement, je suis doublement désolé de lire ces lignes Vinvin.
    On ne se connait pas mais, mon père à moi aussi est mort rapidement,… il y a une douzaine d’années, à 64 ans, à un âge en effet relativement « jeune pour un vieux » ; me laissant seul, livré à moi même avec son absence, nos souvenirs communs et un poids supplémentaire sur les épaules. Celui de la sagesse qui lui était jusqu’alors réservée !
    Je suis sûr qu’il devait être fier de toi.
    Souviens t’en !

  30. septembre 1, 2008 2:08

    silence

  31. septembre 1, 2008 2:08

    Je te fais part de tout mon soutien et de mes sincères condoléances, Vinvin. Ton texte est poignant et m’a beaucoup touchée. C’est dur, mais on est là pour toi. Je t’embrasse

  32. septembre 1, 2008 2:43

    Ton texte m’a fait repenser au décès de mon père et à l’impuissance que j’ai ressenti à ce moment là…
    Bon courage.
    Bises

  33. septembre 1, 2008 3:17

    Toutes mes condoléances… Bon courage!!

  34. Mariano Marcos permalink
    septembre 1, 2008 4:10

    Mi más sincero pésame. Te enviamos todo el cariño del mundo, esperando que os ayude a aligerar el peso de la pena por la pérdida de tu padre.
    Desde el punto donde el ser humano es más humano, un abrazo fuerte,
    Mariano Marcos & family

  35. septembre 1, 2008 4:29

    .

  36. Edouard permalink
    septembre 1, 2008 4:34

    Quel témoigne…
    Edouard

  37. Gaëlle permalink
    septembre 1, 2008 4:57

    Je passe depuis trop longtemps par ces pages sans commenter, mais non sans sourire ou rire parfois, pour ne pas vous laisser un petit mot. Votre texte me rappelle que dans des circonstances similaires, il y a trois ans, j’apprenais loin de chez moi, la mort d’un être qui m’était plus cher que mon père. A Barcelone, devant la « Sagrada familia », j’apprenais que c’était la mienne de famille qui perdait son axe. Je me souviens de ma course vers l’aéroport pour, comme dans un film, « prendre le premier avion pour Paris ». Je me souviens de celle des nuages sous les ailes de l’appareil et de mon sentiment de culpabilité. Ne pas avoir été là pour lui tenir la main, là pour soutenir mes proches quand c’est arrivé,… On court toujours après quelque chose, mais trop rarement après l’essentiel. Ce deuil m’a « recentrée » sur ce qui comptait pour moi, ma « sagrada familia ». Tout ça pour vous dire que votre texte fait résonance en moi, que je pense bien à vous, à vos enfants, votre famille, et me permets de vous embrasser.

  38. septembre 1, 2008 5:21

    sending you positive thoughts mec, sincèrement

  39. septembre 1, 2008 5:40

    Magnifique texte… Courage.

  40. septembre 1, 2008 5:50

    j’ai rêvé de cube. aussi.

  41. septembre 1, 2008 5:54

    Toutes mes pensées sont avec toi.
    Ton texte est magnifique …
    Big, big hug

  42. septembre 1, 2008 6:05

    Voilà un papa qui devait être fier d’avoir su faire un fils ayant autant d’intelligence de coeur.
    Elle est cruelle, se digère mal, nous fout le mal au ventre au point de vouloir la vomir toute entière,la dernière leçon à apprendre de son père.
    Mais elle est belle aussi, un peu.

  43. septembre 1, 2008 6:12

    Je me permets de t’embrasser, les yeux mouillés. Je vous souhaite, à toi et à tes proches, beaucoup de courage.

  44. septembre 1, 2008 6:28

    La bise en guise de réconfort.

  45. septembre 1, 2008 7:28

    Mes très sincères condoléances.

  46. benleo permalink
    septembre 1, 2008 8:01

    Bon ba maintenant, plus le choix. Va falloir lancer seesmic au paradis.😉
    Amicale pensée.

  47. septembre 1, 2008 8:11

    Toute ma sympathie Vinvin..
    On espère toujours secrètement repousser de telles échéances en se disant que nos parents ne peuvent pas mourir avant que l’on soit « plus vieux qu’eux » !
    Mais bon, à tout prendre, il est préférable pour tout le monde de partir brusquement comme ça, en claquant la porte.

  48. septembre 1, 2008 8:32

    Bon courage.

  49. Ovni permalink
    septembre 1, 2008 8:37

    Toutes mes condoléances Vinvin.

  50. Eric permalink
    septembre 1, 2008 8:45

    Je te lis et te suis dans tes aventures depuis un bail… en silence, en secret… et ce n’est que ce soir que j’écris sur ton blog. J’avais mille autres occasions plus joyeuses de réagir, mais ne le fait que ce soir.
    Ce billet est émouvant cela va sans dire. Je pense à vous, à toi, tes enfants, ta femme, ta famille et ta maman forcément… avec tendresse.
    De là où es ton papa, il doit sourire et être heureux d’avoir une famille qui doit quelque part être à ton image, forcément… Un fils heureux, vivant, les pieds sur terre, la tête sur les épaules et près des nuages…
    Je vous embrasse et vous serre dans mes bras. C’est peu, mais c’est précisément ce que j’ai envie (et besoin) de faire face à la vie qui file.
    Eric

  51. septembre 1, 2008 9:24

    Y a des jours où on aimerait savoir aussi bien écrire pour décrire un moment si douloureux.
    Pensées pour ta mère qui va certainement traverser une période difficile.
    Courage et sincères condoléances.

  52. septembre 1, 2008 9:46

    😥
    Bisous

  53. septembre 1, 2008 10:09

    Bon courage pour ces moments difficiles. Prends le temps de remplir le vide avec autant de souvenirs que possible: Il sera toujours la tant qu’il sera dans ton coeur et tant que toi et le reste de ta famille le rendrons fier!

  54. septembre 1, 2008 10:38

    Condoléances.
    De ma mémoire de téléphage, je me rappelle cette séquence où Annie Cordy parlait de la mort de sa mère. Elle pensait qu’à ce moment-là, le monde s’arrêterait de tourner. Mais Dieu ne lui a pas fait cette politesse. Le soir-même, elle a dû chanter et assurer un concert comme si de rien n’était.

  55. Guillaume permalink
    septembre 1, 2008 10:44

    toutes mes condoléances. Le texte que tu as rédigé est magnifique.

  56. septembre 1, 2008 10:48

    64 ans… c’est si jeune encore.
    tes mots sont magnifiques.

  57. septembre 1, 2008 11:26

    Le hasard des choses fait que ta petite case sur mon lecteur netvibes est juste en dessous de celle de Manu qui vient également de perdre son père…
    Putain de merde, je te souhaite tout plein de courage et je t’embrasse fort !
    Ta note est vraiment très belle !

  58. Sane permalink
    septembre 1, 2008 11:34

    Mes sincères condoléances en ces moments si douloureux.

  59. septembre 2, 2008 2:41

    L’événement le plus redouté de tout expatrié, ne pas être là au moment de la disparition d’un être cher. Je suis au-delà des mots qui peuvent te dire ce que je ressens, de ta peine, et de ta perte.
    Je te présente mes plus sincères condoléances, et pour toute ta famille.

  60. septembre 2, 2008 8:56

    Triste nouvelle et magnifique témoignage, toutes mes condoléances Cyrille.

  61. septembre 2, 2008 9:27

    Que dire ? On pense à toi
    alx et clé

  62. septembre 2, 2008 10:45

    Depuis les nombreux mois où je te lis avec chaque jour le même plaisir, j’ai l’habitude de partager tes émotions du quotidien : tes grandes joies, tes petits bonheurs, tes coups de gueule, tes fous rire…
    Aujourd’hui, à travers ce texte, plus beau que tous les autres, je partage ta peine et ton chagrin.
    Toutes mes condoléances et bon courage.
    Amitiés,
    Anne

  63. septembre 2, 2008 11:51

    Courage à toi. Mon père est mort au même âge. Condoléances, qui signifient je crois « douleur partagée »… Bonne chance.

  64. Gilles permalink
    septembre 2, 2008 12:51

    Je me joins à toute la communauté pour t’assurer de ma profonde et compréhensive sympathie.
    La biz, mec ainsi qu’à la brodeuse et aux nains

  65. septembre 2, 2008 3:19

    Merde, c’est horrible ce qui vous arrive, à toi et ta famille. 64 ans…
    Et moi de repenser à cette vidéo où tu expliquais que les critiques te faisaient chier, que c’était déjà dur de quitter la France, laisser ses parents, ses amis, les amis des enfants…
    J’admire ton courage, prendre le blog en ce moment si difficile pour exprimer, en quelques paragraphes très juste, la perte, la fameuse « chaise vide » dont parle César dans le film de Pagnol du même nom, les impressions ambiantes…
    Bon courage à toi et aux tiens.

  66. septembre 2, 2008 3:46

    Je passe alternativement des fous rire aux larmes avec tes textes…Il va falloir que tu t’y mettes sérieusement à l’écriture…. dans une cabane au canada !😉
    Toutes mes condoléances,
    xoxoxo

  67. septembre 2, 2008 4:45

    Je vivais à SF jusqu’à…hier. Ce que tu racontes je l’ai tellement redouté. Un père qui disparait c’est un énorme monument qui s’écroule, je ne veux même pas penser à tes neuf putain d’heures d’avion sur le retour qui sont habituellement si pénible sans rien. Courage…
    S

  68. septembre 2, 2008 5:24

    Je te souhaite tout le courage dont tu auras besoin pour vivre les prochains jours avec sereinité.

  69. septembre 2, 2008 7:59

    Pauvre Vinvin,
    Après le décès de mon frère il y a 26 ans, de mon père il a 3 ans, de ma fille il y a 9 mois, à 36 ans, je ne peux que vous embrasser et vous souhaiter d’entendre cette prière, car on me l’a proprosée aussi :
    La Prière de Saint Augustin
    La mort n’est rien ;
    Je suis simplement passé de l’autre côté.
    Je suis moi, Tu es toi.
    Ce que nous étions l’un pour l’autre,
    nous le sommes toujours.
    Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné.
    Parle-moi comme tu l’as toujours fait.
    N’emploie pas de nom différent.
    Ne prends pas l’air solennel ou triste.
    Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
    Prie, souris, pense à moi, prie pour moi.
    Que mon nom soit prononcé à la maison,
    comme il a toujours été,
    Sans emphase d’aucune sorte et sans trace d’ombre.
    La vie signifie ce qu’elle a toujours signifié.
    Elle reste ce qu’elle a toujours été, le fil n’est pas coupé.
    Pourquoi serais-je hors de ta pensée,
    Simplement parce que je suis hors de ta vue ?
    Je t’attends. Je ne suis pas loin.
    Juste de l’autre côté du chemin.
    Tu vois, tout est bien…
    Tu retrouveras mon coeur, tu en retrouveras les tendresses épurées.
    Essuie tes larmes et ne pleure pas si tu m’aimes.

  70. Ginie permalink
    septembre 2, 2008 8:00

    Toutes mes condoléances.
    Je n’ai pas d’autres mots en lisant TES mots!
    Du courage, peut être…
    Continuer à vivre… forcement
    Bises

  71. septembre 2, 2008 8:59

    Morts, les pères deviennent vivants d’une autre façon. C’est leur dernier secret
    /Ceux qui sont morts ne sont jamais partis
    Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire/ Birago Diop
    http://www.afrocom.org/jdupuis/morts.htm

  72. Ovni permalink
    septembre 2, 2008 9:24

    Même si c’est dur Vinvin : SHOW MUST GO ON !!

  73. septembre 2, 2008 11:12

    Cyrille, j’ai le coeur gros, avec toi.
    Avec un être aimé, quand la dernière page écrite devient la toute dernière, un dialogue sourd et fidèle se met en place et nous accompagne à jamais. On est juste taraudé par le regret de ne plus pouvoir lui dire merci comme avant, surtout quand on prend conscience de tout ce qu’il a su sauver du temps où il ne sera plus jamais. Et là, on mesure à quel point on a été aimé.
    Je t’embrasse ainsi que les tiens.

  74. septembre 2, 2008 11:24

    toutes mes condoléances, Vinvin.
    Amicalement
    Olivier

  75. septembre 2, 2008 11:29

    Je suis désolé. Mon père est décédé il y a 10 ans, à l’age de 54 ans. Je sais, je connais.
    Tiens le coup.

  76. Chico permalink
    septembre 3, 2008 1:19

    Pas facile de trouver les mots, je suis très ému par ton texte. Sincères pensées pour toi et ta famille.

  77. Fab permalink
    septembre 3, 2008 1:42

    Bien sûr je suis un des derniers à arriver… alors moi aussi j’envoie un peu de courage et d’énergie (au sens noble et originel du terme) pour passer ces moments qui font partie de la vie certes mais qui sont ardus émotionnellement.

  78. Syl2m permalink
    septembre 3, 2008 1:49

    Toutes mes condoléances et bon courage Vinvin
    Syl2m

  79. septembre 3, 2008 2:03

    A son déclin commence
    l’ascension d’une étoile.
    Tendresse des qs-salomon

  80. septembre 3, 2008 6:59

    J’ai rarement lu quelque chose d’aussi poignant sur un blog et même ailleurs. Ce blog est un espace qui sait autant bouleverser que délirer. La mort d’un être cher sonne toujours trop tôt et pourtant on n’a pas d’autre choix que de l’accepter. Je te présente mes condoléances.

  81. Pincho permalink
    septembre 3, 2008 9:55

    Toutes mes sincères condoléances Vinvin. Tiens le coup.

  82. septembre 3, 2008 10:58

    Oui, c’est dur, et inéluctable pour la plupart d’entre nous. Maman est morte le 27 février dernier à 59 ans.
    Je confirme ce que dit Tilly, chaque sentiment de manque est une forme de présence.
    J’ai maintenant des objets de maman partout chez moi, ça me fait du bien.
    Garde le marque page, il est un lien.
    Une pensée douce pour toi.

  83. septembre 3, 2008 12:32

    …On n’ose pas et puis on ose. Ami, relation ou inconnu de passage. Sincères condoléances, pensées amicales, prières aussi.

  84. septembre 3, 2008 1:05

    Quelle texte nagnifique et tragique à la fois, j’ai des frissons partout et un noeud dans la gorge, mon coeur palpitent, impossible de parler t’en je suis émue… Alors, te voilà désormais dans le cercle de ceux qui ont perdus un de leurs parents, ceux qui connaissent et comprennent ta tristesse!je te souhaite de faire au mieux pour soulager ta peine, tendre amitié, Mali

  85. septembre 3, 2008 1:08

    Tristes pensées vers toi pour cette brutale nouvelle. On ne se connait pas mais la lecture de la mort de ton père m’a touchée. Courage ! J’avais 17 ans quand le mien est parti et même si la douleur s’estompe, il y a comme un gros vide.

  86. septembre 3, 2008 2:02

    (mots qui manquent et toutes les phrases ont l’air stupide alors j’envoie des pensées positives comme je peux)

  87. septembre 3, 2008 3:53

    Pensées…
    Courage !
    Je t’embrasse.

  88. o.l permalink
    septembre 3, 2008 8:26

    « sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais ».
    oui..

  89. Joël permalink
    septembre 3, 2008 9:34

    Une pensée pour toi, pour tous les tiens, et pour ta maman tout spécialement.

  90. diablotine permalink
    septembre 4, 2008 10:12

    De tout coeur avec toi dans cette épreuve

  91. septembre 4, 2008 1:12

    Que dire, Cyrille, après avoir lu et relu encore et encore ce texte (remarquable ..) sinon, tout simplement t’adresser mes plus sincères condoléances.
    Je t’embrasse …

  92. Oli permalink
    septembre 4, 2008 2:43

    C’est marrant, j’ai lu ce livre cet été… intéressant mais peu d’émotion. L’émotion m’a rattrapé aujourd’hui avec ce beau texte.
    Courage & sincères condoléances.

  93. septembre 4, 2008 6:58

    Toutes mes Condoléances …

  94. septembre 4, 2008 8:05

    Pensées…

  95. septembre 4, 2008 10:29

    C’est mon premier commentaire ici. En fait, c’est même la première fois que je te lis alors que j’ai souvent entendu parler de toi sur la blogosphère. C’est ton interview sur Psychologies qui m’a menée jusqu’ici. Et je tombe sur cette note… Si douloureuse, si touchante…
    « Les années » d’Annie Ernaux est aussi le dernier livre que j’ai lu et adoré. Page 186, je comprends…
    L’oiseau du marque page s’est envolé.
    De tout coeur avec toi…

  96. septembre 4, 2008 11:52

    Au départ de mon père, à l’aube de ses 55 ans emporté en quelques jours seulement, j’ai compris deux choses:
    -dire je t’aime à son père n’est pas une chose facile et le faire juste avant son départ encore moins
    -la vie est courte, ce n’est qu’une histoire d’échelle ou de point de vue
    Depuis ce jours, j’ose, j’entreprends et très souvent je dis ce que je pense. Mes pensées et mes émotions sortent souvent sous la forme de mots
    Depuis ce jours, je vis, je ressens et je frémis avec la joie d’être là.
    Avec ce décès j’ai aussi appris une chose: il n’existe pas de « mode d’emploi » pour parler à celle ou celui qui perd un être cher.
    Je pense à toi Cyril

  97. septembre 5, 2008 7:56

    Omnes vulnerant, ultima necat…
    La dernière heure… Mes pensées vont vers toi et tes proches. Be strong, man.

  98. septembre 5, 2008 7:14

    Le buzz te fait une bise. This is tough man. Je suis sûr qu’il est touché par ces mots où qu’il soit… courage à toi depuis l’autre rive de l’Atlantique…

  99. septembre 5, 2008 10:40

    Les mots me manquent, mais les tiens sont superbes…

  100. un fils permalink
    septembre 6, 2008 12:39

    Toutes mes Condoléances pour vous et vos proches.

  101. brice permalink
    septembre 6, 2008 5:04

    Viens de lire ta note … bouleversante …
    Je penses à toi mec … courage

  102. septembre 6, 2008 8:04

    Bon courage, à toi et ta maman !
    Mais que serait la vie sans la mort…

  103. septembre 6, 2008 11:22

    Bonjour,
    Je suis la webmaster d’un magazine généraliste et participatif Esprits Libres, un site qui cherche à cultiver sa différence, qui se veut le sérieux d’un magazine, la richesse du foisonnement des blogs, la diversité des opinions politiques, qui va des sujets d’actualité, économiques, politiques, sociétaux, jusqu’à la recette de cuisine, aux critiques sur les biens culturels aux récits et conseils de voyages, de jardinage ou de bricolage, en passant par tous les aléas de la vie quotidienne et les témoignages les plus personnels…
    Notre force ? : associer des contenus d’experts, de personnes ayant des compétences spécifiques à des contenus d’amateurs, de citoyens engagés et de passionnés. Nous misons sur une exigence de qualité, sur la variété des contenus et un esprit de désintéressement, d’engagement et de partage : seul comptent les idées, les convictions et les passions. Notre site compte déjà 250 catégories, des plus génériques aux plus spécialisées, en accord avec les compétences et les affinités des contributeurs.
    Dans ce cadre là, nous sommes à la recherche de contenus et réflexions ou analyses pertinents. Vos contributions m’ont convaincue. Elles pourraient d’ailleurs être très enrichissantes pour notre projet à venir d’édition dédiée au quotidien, aux personnes, aux passions et aux expériences qui sortent de l’ordinaire…
    Le site est : http://www.forumdesforums.com
    Magazine
    http://www.forumdesforums.com/modules/news/
    Dans l’attente d’une réponse.
    Fuchinran

  104. Blogblog permalink
    septembre 7, 2008 1:23

    Je viens de tomber sur ton billet de retour de vacances.
    On ne se connait pas, même si je lis ton blog depuis longtemps et apprécie ton humour.
    Je prie pour ton père, toi et ta famille.
    Face à l’inexplicable je ne connais que çà comme réponse de ma part.

  105. ouam permalink
    septembre 7, 2008 2:51

    Vinvin, sincères condoléances et pensées amicales.

  106. septembre 7, 2008 8:29

    Condoléances anonymes, tardives et sincères d’un lecteur régulier

  107. septembre 8, 2008 4:49

    Je te présente toutes mes condoléances. J’ai lu ton texte il y a quelques jours et je n’ai pas réussi à laisser de commentaires. Je le fais aujourd’hui. Ce texte est très beau, très touchant, bouleversant. Je te souhaite bon courage pour les évènements qui vont suivre et le bouleversement de ta vie.

  108. Ricou permalink
    septembre 10, 2008 5:20

    Je ne sais quoi dire. J’ai les yeux complètement mouillés ; au boulot, ça fait un peu tarte. Tant pis…
    Toutes mes condoléances. Je pense très fort à toi et à toute ta famille.
    Ricou.
    PS : Peut-etre devrais-j rappeler mon père que je n’ai pas vu depuis des années…

  109. Régis permalink
    septembre 10, 2008 5:48

    On ne se connait pas mais je suis sincèrement désolé pour toi. Je n’ose imaginer le jour où ca m’arrivera.
    Les liens qu’on tisse sur des blogs peuvent être fort, finalement.

  110. Corinne permalink
    septembre 10, 2008 8:31

    Je suis sincèrement désolée pour toi.
    La vie est trop cruelle. Continues d’exprimer si dignement tes sentiments.
    Bises et courage

  111. Amélie permalink
    septembre 15, 2008 1:58

    La disparition.
    Prendre un train un jour, vers une région où celui qui n’est plus vivait encore il y a peu, se dire « il faudra au moins un quart d’heure, tout à l’heure, avant le repas de famille. Un quart d’heure, pour qu’elle choisisse sa tenue, qu’elle prenne une pause entre chaque mouvement, une inspiration essoufflée de vieille personne qui ne se sert plus que de sa bouche pour respirer. Il faudra lui dire, le plus joli collier et tenir son bras dans le couloir de la résidence parce que la canne lui fait honte et que la main posée sur notre coude, c’est tellement « grande dame ».
    Se dire tout cela, une fois encore, une dernière fois, et puis plus rien, plus rien, jamais, puisqu’il n’y aura plus jamais personne à aller chercher.

  112. septembre 15, 2008 5:18

    Très sincères condoléances.

  113. septembre 18, 2008 10:18

    Je ne connaissais pas ton papa, je ne te connais pas, mais je pleure quand même😦.

  114. septembre 21, 2008 12:17

    Sincères condoléances, Cyril.
    Prise par le boulot depuis des mois, je n’ai plus une seule minute pour lire les blogs. Je suis navrée de n’etre pas passée plus tot pour t’apporter mon soutien, aussi infime est-il.
    Ton texte prend aux tripes.
    J’en suis bouleversée.

  115. septembre 22, 2008 3:40

    Vinvin, je découvre seulement maintenant, et je suis foudroyé par l’émotion. Mon père aura 62 ans dans quelque jour, et je ne suis pas près à le perdre dans 2 ans😦 J’imagine d’autant plus la douleur que tu étais parti, et que moi aussi, je pourrais être amené à partir (ou plutôt choisir de), un jour.
    Je ne t’ai rencontré qu’une fois, l’an passé au Web3, mais tu étais à 100 000 lieux du « comique » qu’on connait, tu sentais la sincérité et la simplicité à des kilomètres.
    Alors je te prie de bien vouloir accepter toute mes condoléanes, et je me réconforte en pensant à tout le bonheur que tu donnes à tes enfants, parce qu’ils ont, je le pense, un papa aussi formidable que celui que tu nous décrivait.

  116. septembre 25, 2008 10:25

    Je suis désolée de lire cette note si tard…si loin de la blogosphère moi-même…
    juste envie de te proposer d’aller sur you tube et d’écouter la chanson de claude dubois: si Dieu existe:🙂

  117. septembre 28, 2008 10:09

    Ca fait plus de deux ans que je suis ton périple. De Bonjour America à Seesmic, en parcourant chacun des posts de ce blog, en suivant ces liens. Tu es ma grille de lecture du net.
    Et pourtant, je n’ai jamais commenté. Ton texte m’a ému aux larmes. Ebranlé. Je n’ai pas de conseil, pas de recommendation. L’absurdité de ces moments est trop forte. Ca me donne le vertige.
    Bisous, Vinvin.
    N’oublie pas Prout-Prout, le clown des anniversaires de ta fille. Je l’aime bien. Et Maurice aussi. Et Muriel.

  118. octobre 2, 2008 3:49

    Est-ce d’autant plus douloureux que c’est brutal ? En plus tu es loin.
    Toutes mes condoléances.
    Une ex blogueuse.

  119. novembre 20, 2008 7:08

    Mon Vinvin, très en retard, comme toujours… je viens de lire ton post… de tout coeur avec toi…
    Je me suis posé de longue minutes avant de t’écrire ces lignes… je ne savais pas si je devais ou non… mais tu m’as fait pleurer à grosses larmes, en pensant à ce que tu venais de vivre, que tu es maintenant « l’ainé », que notre vie n’a plus aucun sens en ces moments là, que le mien va avoir ses 64 ans en décembre, et que je ne pourrais le perdre maintenant… c’est toujours trop tôt, on est jamais préparé…
    Je pense profondément à toi en ce moment !
    Take care buddy
    PS: un excellent livre qui m’a permis de mieux accepter la mort de mes grands-parents que je vénérais : « le livre des morts tibétains’

  120. octobre 3, 2013 9:32

    je me souviens avoir lu ce très beau texte il y a 5 ans.
    triste anniversaire.
    #labise

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