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Et si demain je savais qui j’étais.

novembre 30, 2008

Je me pose cette question depuis tant d'années que je finis par me demander si elle a un sens. Et vous aussi, je le sais. Nous avons cela en commun dans le silence de nos cerveaux malades. Certains en parlent, d'autres non. Mais la rumeur est tenace. L'inconnu est partagé et la souffrance aussi. Dans les recoins des hémispheres se développent nos angoisses, névroses, frustrations, errances (Ramazotti), jalousies, dépressions, fantasmes, envies de suicide fugaces ou persistentes, tromperies infâmes et déviations perverses inavouables, comme des possibilités délicieuses, d'atroces bravades aux codes qui nous régissent.  Notre esprit se promène dans le pêché, imagine des situations, anticipe l'inexistant et tourne en rond comme un hamster sous viagra. Et "quiconque n'a pas vu un hamster sous viagra n'a rien vu de la nature humaine" (Claude Lévy-Strauss, 1934, in La mousson chocolat, essai sur l'humidité au Sri-Lanka).

Qui suis-je ? disais-je. Un tas d'atomes hasardeux collés les uns aux autres et formant cet adorable corps musclé et délicat ? Un assemblage de peau, de cartilages et de poils, vaguement controlé par un ou deux kilos de cervelle dégoulinante planqués dans un crâne ô combien fragile ? Quand tout cela s'arrêtera, par la force des choses (ces maudites choses), que deviendront ces atomes ? Quelle glue spirituelle sensée colmater mon existence viendra résister à l'attaque du temps qui passe dans l'obscurité du néant ? Où mon âme ira-t-elle se planquer pour retrouver les âmes bâtées, les âmes disparues, les âmes aimées dans les orties ?

Ces questions forment la couche de base d'une recette infiniment acide, une bouillie infâme que je tapisse sur mes jours et mes nuits, une empêcheuse de vivre en rond. Qui suis-je ? Ou vais-je ? Pourquoi, comment ? Je voudrais parfois être un caniche ou une hirondelle, voltigeant dans les airs plus ou moins haut, libre de tous contrats, exempté de la moindre réflexion. Ne plus penser. Ou penser mieux sans doute. Comme un vol de caniches hors du charnier natal…

Bonsai
Bien entendu, penser mieux. Nous ne sommes pas des bêtes, juste les sujets momentanés d'une carte postale qui jaunit à vue d'oeil. Penser mieux, penser utile. Penser NOW et pas hier ou demain. Je voudrais devenir Maitre Shifu, ou en tout cas un type assez serein, vénérer le pouvoir de l'instant présent, de l'organique, de l'harmonie Japonisante, du mantra des villes, de la souplesse du Lotus (la position, pas le papier), des chakras des champs et des petites musiques douces à base d'eau qui coule sur de la mousse verte et pure. Méditer, revenir à la source de soi dans le silence d'une pensée qui s'arrête. Etre soi l'espace d'un instant, ancré dans le sol comme une bite sur le quai. Etre pur, être ciel, être eau, être ange (c'est étrange dit l'ange…).

J'ai l'impression que la réponse se dessine doucement, jour après jour, tandis que je vieillis. Agir. Agir. Agir.

Elle est là, la vraie méditation. Dans la technique, la réalisation, l'atteinte. Le regard porté sur un but et le corps en mouvement. Penser agir ne suffit pas, quand bien même la pensée est brillante. Se lever et faire le premier pas, comme un bébé. Recommencer, renaitre, réapprendre à marcher. Il m'en reste du temps pour marcher, puisque j'ignore combien de temps il me reste. Agir. Devenir un homme. Pas seulement pour la beauté du geste, pour la galerie ou l'histoire. Agir pour moi.

William Burroughs a dit un jour : "Je dejeune tout nu si je veux", et il avait tellement raison.

17 commentaires leave one →
  1. novembre 30, 2008 9:26

    c’est un peu ce qu’il y a dans la tête d’un homme…
    pourquoi demain et pas ce soir ou le mois prochain, ou avant hier

  2. novembre 30, 2008 9:38

    Pas facile facile comme réflexion. Enfin désormais je vais bloguer à poil!
    à bientôt

  3. novembre 30, 2008 9:50

    et si hier je savais que demain je ne saurai pas?

  4. novembre 30, 2008 10:01

    Et si demain… commence demain. 31 jours, 31 idées pour répondre à notre question.

  5. lôtre permalink
    novembre 30, 2008 10:44

    Si demain je savais qui j’essuie, je prendrais ma douche en toute confiance.
    Etre ou ne pas être, hier bien moins que demain qui est un autre jour, ou peut être une nuit.
    Qui fuis-je , dans quel être j’erre.
    Ajourd’hui c’est Dimanche , (et plus précisément le soir dans cet émisphère ci ) Alors je ne sais pas exactement qui a écrit cette note, mais elle provient très certainement d’un jeudemotsteurdudimanchesoir frustré. Qui saura qu »il sera un jeudemotsteurdudimanche frusté demain à moins qu’il n’agisse maintenant.

  6. novembre 30, 2008 10:58

    Hier en voyant ta vidéo du samedi soir j’ai écrit ce qui suit et puis finalement je l’ai effacé:
    « t’as pas l’air d’avoir un gros moral. Je sais que ça ne suffit pas mais on t’aime. »
    Alors ce soir je le laisse.
    Love is all!😉

  7. ouam permalink
    décembre 1, 2008 12:38

    Mais publie bordel !!

  8. Paul permalink
    décembre 1, 2008 1:18

    Je sais pas pourquoi mais il me suffit de lire ça et bien que je ne te connaisse pas et sache à peu près rien sur toi, je t’aime🙂
    Non pas comme un fille mais comme un vieux pote, un frère, une confidente, mon grand père, quelqun avec qui je me sens en phase, qui sait mettre les mots juste pour exprimer des sentiments et sensations si durs à exprimer et dans lesquels je me retrouve…

  9. décembre 1, 2008 1:18

    Il n’y a que dans le regard de l’autre que tu veras qui tu es.

  10. décembre 1, 2008 3:25

    ça doit être l’âge… Moi aussi, j’ai maintenant envie de me lever et d’agir…

  11. décembre 2, 2008 4:32

    Agir c’est maintenant. Demain, ca sera trop tard. Car il y aura toujours un demain. Et lorsque les demains s’enchainent, il ne reste que l’amertume de n’avoir pas agi hier, ou les autres hiers.
    A bientot.

  12. LHOOQ permalink
    décembre 2, 2008 12:46

    SOYONS CLAIR ET METHODIQUE AFIN DE PERCER ENFIN L’ENIGME DU TEMPS:
    Le présent est un passé futur. Le passé est un ancien futur qui a tout d’abord transité par le présent avant de venir se ranger après, toujours par ordre chronologique, dans le passé qui était deja là avant que lui-même n’arrive, et où il restera définitivement pendant toute la durée du futur. Le futur passera dans plus ou moins longtemps, avant par le présent, suivant la place qu’il occuppe dans l’avenir, puis après, rejoindra le passé d’avant, sur lequel il viendra se déposer par couche additionnelle sous forme de passé récent.
    Et ben ça fait tout de même du bien de perçer une énigme qui turlupinait l’humanité depuis la nuit des temps, alors qu’il suffisait d’éxaminer la question avec un peu de méthode, comme je viens de le faire. Bon allez… problème suivant…

  13. décembre 2, 2008 5:14

    D’abord, le viagra existait en 1934 ?????????????????????????????????????????

  14. décembre 3, 2008 12:21

    jolie bannière mais à saint francis il n’existe qu’un pont (un po-i-nt de vue)- nash bridges devait pas se compliquer la vie!
    bon je vais manger tout habillé – il fait bon mais je ne suis pas seul!

  15. décembre 4, 2008 11:30

    J’aime tellement ces notes là: drôles, bien écrites, avec du Heredia et des caniches. Et qui en plus nous mettent face à nos propres réflexions.
    PS: ouam il a raison, quand même…

  16. décembre 4, 2008 10:42

    C’est pas pour te déprimer, mais je pense que l’on sait qui l’on est au moment de sa mort. Dommage, c’est trop tard !
    Un ami m’a dit, c’est bien de se perdre car en se perdant l’on peut se retrouver.
    Continue de te perdre dans tes réflexions. Ca, c’est déjà de l’action.
    Combien ne se posent pas ces questions !
    Tu es une belle personne Vinvin, une belle âme et comme pour toute belle âme ton chemin est fait de questions, de doutes, de chutes mais également de purs moments de bonheur et d’échanges.
    As-tu le manuel du guerrier de la lumière de Paolo Cuelho ?
    Je t’embrasse tendrement.
    SophieK

  17. bruno permalink
    décembre 9, 2008 7:56

    Et si demain je savais qui j’étais.
    Un beau titre.
    Et une belle question.
    Mais imagine que la réponse ne te plaise pas… Genre… chsais pas, moâ… genre beurk, quoi, tu vois ?
    Tu veux que ch’te dise ?
    Nous on sait qui tu es.
    Et on t’aime bien.
    Allez, la bise.

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