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Les social médias ont tué le blogging…

mai 16, 2009

…en tous cas mon blog !

Etape 1
Tu ouvres un
blog, nous sommes en septembre 2004. Tu ne sais rien de tout cela.
Juste envie de voir, par curiosité (tu es ouvert), par
professionnalisme (tu travailles dans une agence de com) et par envie
(tu aimes écrire). Tu ne sais pas si quelqu'un va te lire. Au début ils
sont une vingtaine et tu as deux commentaires. Ce n'est pas grave,
c'est déjà bien. Tu es toi-même et cette sincérité est appréciée.

Etape 2
Par le truchement d'un mélange de régularité (une note
par jour), de participation (tu commentes chez les autres) et de
créativité (tu as décidé de t'amuser), ton blog remporte un succès et
ton audience augmente en flèche. De vingt ils sont passés à deux mille
et cette histoire t'amuse davantage. Ils sont jeunes, vieux, homosexuels ou pas, elles sont
mères ou étudiantes, ils sont en couple, tes lecteurs viennent de
partout, tu te demandes qui ils sont. Tu es toujours toi-même mais tu
voudrais leur faire plaisir. Tu travailles ta sincérité pour ne pas
perdre ce début de succès qui, rappelons-le, est très relatif.

Etape 3
Tu varies les plaisirs et te lance dans la vidéo. C'est
aussi l'explosion des téléphones témoins, des soirées de blogueurs, des
potins, des parties enflammées, des républiques, etc. Les médias toujours à la pointe
viennent de découvrir ce monde étrange et, comme pour le porcin ou les
fesses de Carla, tournent tous leurs regards vers toi et tes semblables
pendant des mois. Comme tu étais là au bon moment, tu es dans les
regards, avec tes potes geeks, marketeux, avocats ou entrepreneurs. Au
premier rideau de lecteurs s'est donc ajouté celui des vidéo-spectateurs, des
journalistes, des agences de buz, des spameurs fous et des raclures de
tous poils. Ta fraîcheur en prend un coup parce que devant cette foule
immense il va falloir fournir ou mourir. Le grand brouhaha vient de
commencer, tu ne sais pas très bien ce qui se passe et où ça te mène
mais tu essaies de maintenir le cap. Une seule ligne de conduite,
refuser les sirènes. Tu t'isoles, t'exclus des fichiers de marketeurs,
retire tes Google ads (chérie arrête de cliquer, ça se voit) et marche
sans te retourner. Ouf, tu as échappé à la tempête et quand celle-ci se
retire, tu es toujours là. Mais ta sincérité en a pris un coup avec
tous ces gens à satisfaire, tu as quand même gonflé tes posts aux ormones pour les
rendre jolis et compréhensibles par le plus grand nombre. Tu t'es
TF1nisé. Comment parler de la même façon à autant de "cibles" ? Tu ne
sais plus très bien à quoi ça sert tout ça et tu te demandes si tu ne
vas pas arrêter ton blog. Tu ne le fais pas mais de nombreux amis de la
première heure passent à l'acte. La plus grande majorité d'entre eux,
tu ne les reverras plus.

Etape 4
Tu pars à l'étranger. Ton corps physique se déplace mais
ta culture, tes lecteurs, ton empreinte numérique sont en France. Tu fais
le grand écart avec les fesses dans l'océan, découvrant un univers
extraordinaire, le far ouest. Tu maintiens tant que possible une double
nationalité, alternant les langages en fonction de la position du
soleil et du réveil de tes potes. Dans le même temps, les social médias
explosent, voilà autre chose. Twitter et Facebook que tu avais d'abord
boudés te paraissent soudainement très amusants. Une nouvelle rapidité
d'exécution qui rend tes vieux posts lents comme des michelines. Avant
tu avais 5000 visiteurs et 20 commentaires, maintenant tu es
potentiellement en conversation avec 3000 personnes. Cela n'a rien à
voir, tu le sais. Dans un cas tu exprimais ta
créativité, dans l'autre tu échanges et tu découvres. Deux loisirs
aussi distincts que la poterie et la pêche à la mouche. Pour
communiquer avec 3000 personnes en moins de 140 caractères, tu as dû
réduire ta créativité à sa portion minimum, d'autant que dans ces 3000 il
y a désormais tes amis de la vraie vie, tes anciens camarades de
classe, tes ex petites amies, un professeur de langues et peut-être
même bien un prêtre. Tu ne vas pas étaler tes états d'âme devant
ceux-là, ceux qui te connaissent et savent qui tu es. Désormais tu dois
rester factuel, général, incisif mais correct, choisir ta cible l'espace d'un "status" en
oubliant les autres, sans parler de cette masse invisible de gens qui
ne disent rien mais te sondent l'âme. Impossible de s'étaler. Tu n'es
plus là pour cela. Désormais tu ne t'exprimes plus, tu communiques. Tu
es connectophile.

Etape 5
Besoin d'être connecté pour se sentir vivant. Tu fais
partie de ceux qui avaient peur de rater la boum du samedi soir, tu
devais en être. Tu aimes savoir, pas forcément avant tout le monde,
mais au moins en même temps que les autres. Tu aimes faire un bon mot
et récolter des compliments, et comme tu as peu à peu perdu le sens de
l'effort textuel (l'écriture serait-elle un muscle ?), tu réalises que
c'est tellement plus simple de faire 20 twitts de 30 mots plutôt qu'un
post de 600 mots. Tellement plus amusant de se sentir en réseau plutôt
qu'en haut d'une tour. Le blogueur poste et s'en va. Il attend
lentement les réactions, ici et là. Sur Twitter ou Facebook la sanction
est immédiate. Même impression de recevoir un commentaire mais pour
tellement moins de temps passé et avec tellement plus de monde. Et puis si tu fais un Twitt pourri, tu peux en refaire un mieux dans la seconde qui suit. La qualité ou la nullité filent avec la même vitesse dans les limbes des "pages précédentes". Tu ne
dis plus rien d'autre de toi que des éléments factuels, tu résumes un
état déprimé en un "got the blues today, personne a un remontant ?",
plutôt qu'un post pensé et réfléchi sur les mutations de ton existence.
En gagnant en connectivité, tu as perdu ta flamme. Plus ton univers
social est important, moins tu parles vraiment de toi. Twitter+Facebook sont le plus grand café du commerce du monde, et tu assumes parce que tu adores les conversations de comptoir, le petit café près de la vitre à observer les clients, les regards des uns et des autres sur les nouvelles du jour, ceux qui parlent fort, les vedettes du zinc, les timides, les joueurs. Tu es bien à te sentir humain mais tu n'iras pas te confier devant tout le monde. Cette partie là de toi devra trouver un autre terrain d'expression.

Etape 6
Tu n'as pas mille solutions, et nous en sommes là. Soit
tu arrêtes de bloguer, soit tu le refais sérieusement mais en retrouvant, je ne sais par quelle magie, l'émotion d'origine. Peut-être faut-il se distancier avec
ton audience, fermer les commentaires pour ne pas t'émouvoir ; car c'est plus fort que toi, quand tu
connais tu veux devenir ami, et plus tu as d'amis moins tu peux en dire
sur toi, comme sus-mentionné. Tu ne feras pas le coup de réouvrir un blog anonyme pour
expulser ton besoin de sincérité car ta connectophilie est désormais
assumée. Tu ne supporteras pas plus d'une semaine le silence de tes 12
visiteurs et tu finiras par appeler deux ou trois potes pour leur dire,
sous le sceau du secret, que tu as un nouveau blog. Tu ne le feras pas
car tu as vu tous ceux qui ont essayé s'y casser les dents. Ou alors tu dois changer plus profondément, élever le niveau. Arrêter de chercher à plaire, limiter les recettes faciles, et simplement dire ce que tu penses. Retrouver, après tous ces voyages, l'essence de ton être, re-comprendre ce qui t'a poussé là.

Le temps est rare et il
faut choisir ton loisir. Ecrire ou parler. Offrir ou partager.

Etape 7
Je rentre en France cet été. Retrouver mes racines, ma famille, mes
amis. Et commencer une nouvelle ère…

De quoi sera faite cette étape 7…? On en reparle ici ou là…

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62 commentaires leave one →
  1. mai 16, 2009 8:39

    Tu dois apprendre l’extime.

  2. mai 16, 2009 8:45

    Tout lu, tout compris! 😉
    Can’t wait for step 7.
    Personnellement, sans me comparer à ta grandeur, avec la petite visibilité qui m’arrive ces dernière semaines j’ai du choisir: j’ai opté pour un Facebook perso, donc je refuse les demandes de gens que je ne connais pas. Twitter par contre me donne l’aspect interaction de masse dont je me délecte 🙂
    Si tu m’autorise un lien, j’en ai justement parlé hier soir: http://jeromechoain.wordpress.com/2009/05/15/je-pense-donc-je-follow/
    Les gens sont formidables, tu es formidable! 🙂

  3. mai 16, 2009 8:46

    Excellente analyse, tellement juste; mais quand on a ton talent d’écriture (et de création en vidéos) on peut aussi envisager d’autres horizons que les blogs et les réseaux sociaux…. littérature, scénarios, cinéma; sur le web ou en dehors. Je suivrais en tout cas l’étape 7 de près.

  4. mai 16, 2009 8:48

    Oh oui, les socials médias ont tué le blogging… Et pas besoin de quitter la France pour m’en rendre compte ! Je ne blogue plus de la même façon, je ne blogue plus autant.
    Avant, mon blog était un bout de moi, maintenant il traverse une crise identitaire…
    A défaut d’avoir un blog anonyme, mon blog privé reste mon seul espace de liberté.

  5. mai 16, 2009 8:56

    On est beaucoup à se dire la même chose je crois, je me dis la même chose au sujet des livres. Tu as le livre, le blog, le tweet… après qu’est-ce qu’il va rester des pets sans doute.

  6. mai 16, 2009 9:02

    Comme je te l’ai envoyer sur Twitter : -« Ou alors tu dois changer plus profondément,élever le niveau »,c’est tout de même ce que tu as réussi à faire!!-
    Sur un de tes articles,tu expliquais les différents Blogs qu’il pouvait y avoir.Hors il y en a qui passent le stade de Blog et qui sont vu comme un divertissement ou une source d’infos comme la télé/les grands médias,et tu fais parti de ces rares blogueurs qui arrivent à passer ce cap.
    Après c’est un choix;Facebook,MySpace…sont plus du domaine privé (quoi que) et pour ce qui est de Twitter ,juste qques lignes lancés de-ci de-là,et pas toujours lues quand il y en a trop à la suite.
    Perso t’es donc un des rares Blogs « sérieux » sur lequel on peut suivre l’actu avec un autre oeil.

  7. mai 16, 2009 9:06

    Étapes 6,5,4,3,2,1, c’est tellement ca !
    Tu t’essaies a une autre écriture, autre blog, voire un ou deux, anonymes ou non d’ailleurs !!!
    Tu lis déjà bien moins les autres ou plus du tout, tu commentes moins ou pas. Moins de passages forcement, faut que ca drague dans les deux sens.
    Ton blog initial végète un peu comme toi. De temps en temps, tu écris un post qui sort de l’ordinaire et la poignée de tes fidèles lecteurs raboule, petit bonheur et grand YES a la ricaine de lâché derrière ton écran.
    Tu cherches tu tâtonnes, maintenant que tu as pu rencontrer « tes amis » IRL de FB, de Twitter, de Seesmic ou de Plurk… maintenant que ton réseau s’est étendu, hein ? On fait quoi ?! Quelle est l’étape suivante ?!
    Tu restes donc les yeux bien ouverts, en tête chercheuse sur ce qui pourrait t’exciter et te redonner l’innocence et l’engouement de tes premières fois sur le net, mais pour le moment tu es insatisfait et en attente.
    T’as pas envie de fermer ton blog non plus.
    Et puis ce retour de l’étranger, cette expérience magique que tu as adorée, tu peux la partager bien sur, mais c’est juste la-bas qu’elle passe le mieux. Une fois les deux pieds bien posés dans ta mère patrie c’est une autre histoire ! Tu te sens décalé, tu racontes moins ou mal, c’est plus pareil. C’est bien dommage tellement a dire, des trucs dingueeeeessss… bah finalement tu gardes pour toi et tu te remets étrangement assez vite dans la routine française, tu as juste comme une absence parfois… mais surtout tu attends, tu t’agites et PUTAIN tu trouveras !

  8. mai 16, 2009 9:18

    Ou alors choisir un support et s’y tenir, il y aura toujours d’autres choix de médias à venir.Le principal c’est de ne pas s’éparpiller et de toute façon quand on a de fidèles lecteurs on les garde.

  9. Gioluca permalink
    mai 16, 2009 9:24

    Un mix de toutes les étapes? avec de bons gros bouts d’étapes 1, 2 et 3, mais sous quelle forme? qu’importe le media, qu’importe les tuyaux par lesquels la créativité s’écoule et se répand. Tu est dans une catégorie à part, la sincérité et le fun guident ta démarche depuis le début. Après…Le net, la télé, les réseaux sociaux, les livres, le ciné, c’est kif kif.

  10. mai 16, 2009 9:29

    Et si l’époque 7, c’était le retour au plaisir de l’écriture donc du blog. Après avoir suivi globalement les mêmes étapes (égarements?), depuis quelques semaines je me suis remis petit à petit à mon blog comme cela par envie. Et sans se soucier de l’audience comme au bon vieux temps où kon (con?) était jeunes. ;-p

  11. mai 16, 2009 9:45

    l’important c’est de suivre ses envies, sans obligation, le reste… on s’en fout !
    Perso, je ne blogue presque plus… c’est reposant de ce foutre de ses stats et de ne plus avoir de fausses contraintes auto-fixées (et inutiles sur le fond)…Je préfère surveiller la bonne croissance de mes radis !
    Ce qui n’empêche pas de rester connecté et de suivre ce qui se passe et de lire les quelques vieux blogueurs qui n’ont pas raccrochés (ou qui ont repris)…
    La bise mec !

  12. mai 16, 2009 9:48

    Blogging, microblogging, Conversation video ou même Forums encore aujourd’hui sont autant d’amants. Parfois un de ces amants remplace le précédent et cette danse dans notre façon d’aborder le web, on ne la maitrise pas si on est authentique. Dans ton article je vois de cette authenticité.

  13. mai 16, 2009 10:02

    Partager et se faire plaisir en écrivant, en disant ce que tu penses; c’est peut-être ça l’étape 7, le partage simplement?

  14. mai 16, 2009 10:09

    🙂
    (nan j’commente pas tu as tout dit)

  15. mai 16, 2009 10:12

    Aahhh, l’autocensure… Quoi de plus frustrant, au fond ?
    Ecris, car tu écris bien, et c’est ce qui te rendra le gout d’écrire. Tu as raison, c’est peut-etre un muscle.
    Et au fond, rien ne t’oblige à mettre tout cela en ligne… tu peux trier 🙂

  16. mai 16, 2009 10:16

    Tout nouveau sur le blog (je l’ai découvert via cet article sur twitter). Je suis pas entièrement d’accord avec certaines réactions. Personnellement je ne pense pas que le social média ait tué le blogging. Certes il a certainement modifié les rapports entre bloggeurs et lecteurs, mais il ne l’a pas tué! En toute humilité j’en suis la preuve vivante 😉 … je ne connaissais pas le blog, si quelqu’un ne m’avait pas retwitter l’article je n’aurais sans doute jamais abouti ici, et encore moins réagi avec toi et les autres lecteurs ! Je pense que le social média n’en est encore qu’a ces balbutiements, il nous faudra encore du temps, pour le maitriser totalement et en tiré le meilleur…

  17. Ardalia permalink
    mai 16, 2009 10:49

    Qu’ajouter ?
    Je sais juste que j’aimerais mieux te revoir en vrai. 🙂
    Le problème est peut-être dans le refus d’être gouroutisé, et, de fait, en position de manipuler. Est-ce un problème en soi ? Je viens de lire un bouquin qui dit qu’un problème de la gauche, c’est de refuser d’utiliser les instruments de la rhétorique, jugés comme vils a priori (ça n’empêche pas que, mais c’est une position intellectuelle invalidante, certainement). Tu veux être sincère, mais cela ne suffit pas comme base de communication, peut-être que ce qui te manque, ce n’est pas la comm, les amis, l’affection, le retour egotique, etc. mais un but intellectuel. Lequel tu fuis pour ne pas être gouroutisé, et le serpent se mord la queue. 🙂
    Tu te méfies trop des certitudes !
    Allez, bon courage capitaine, les tempêtes passent, jamais identiques, toujours riches d’enseignements.
    La bise.

  18. mai 16, 2009 10:58

    article très intéressant pour ma part j’en suis à l’étape 1 et je viens seulement de créer mon blog.
    J’aime beaucoup lire ce que tu écrit et je trouverais dommage la mort de ce blog mais je te suit aussi sur Twitter et Facebook, sa doit être sa la multiplication des voies de communication..

  19. cat permalink
    mai 16, 2009 1:52

    be entertained

  20. devine² permalink
    mai 16, 2009 1:55

    commen qu’tu t’ prend trop la tête..embauche si t’es fatigué, ou dormir plus…

  21. mai 16, 2009 1:56

    Tout pareil, mais 1943 visiteurs en moins 🙂

  22. mai 16, 2009 2:26

    Superbe post. Rien a dire, si ce n’est que je ne suis toujours ni sur Twitter, ni sur Facebook. Et que le blog, justement, c’est aboutit, réfléchit (ou tente de l’être 😉 )… une sorte de petite œuvre, quoi…

  23. mai 16, 2009 3:54

    Complètement en phase. Pas facile. Tenté de penser qu’il faut laisser couler, se laisser porter, voir ce qui se passe. Twitter, statuser sur FB, bloguer un peu, attendre, observer, et saisir les vrais bons moments…

  24. mai 16, 2009 4:03

    Au delà du jeu, des modes et des tendances, il y a le moteur. L’envie. La raison. Pourquoi écrire (sous une forme ou une autre) ? Quoi et à qui ? Essaye de prendre de la hauteur par rapport à la signification d’une vie que tu es en train de modeler. Pense « projet de vie », d’une façon « égoïste » (c’est à dire personnel) et essaye d’accepter ta démesure enfantine qui te braille que la vie dont tu rêves est possible. Il faut juste un moteur noble, beau et fédérateur. A toi de le trouver puis de le mettre en route afin qu’il te rende pleinement heureux en te permettant de devenir qui tu es.
    Sinon, je fournis aussi les aspro.

  25. mai 16, 2009 5:26

    Brillant. J’avoue que je ne te connaissais pas jusqu’à ce que je vois les quelques blogueurs connus que je suis dire sur Twitter que tu étais « de retour ». Apparemment, c’était un gros événement, et même des gens comme Mry semblaient attendre le Messie. Ton post est en tous cas très lucide, et il traduit aussi quelque chose qui doit être compliqué à gérer : j’écris pour partager, me faire connaître, mais à partir de quand la situation se retourne-t-elle et où je finis par écrire parce que mon lectorat a grandi et m’y pousse… et par sa nouvelle taille il est moins maîtrisable et me donne moins envie de livrer.
    Personnellement, malgré 13 ans de Web, je m’étais toujours refusé à franchir le pas de la création d’un site… d’un blog… Et maintenant que j’ai commencé, je comprends la flamme dont tu parles. Peut-être aussi parce que j’ai le même profil de départ, et quand je vois ton chemin parcouru, je me dis que ce ne serait tout de même pas mal d’arriver par là bas.
    Et pour un regard extérieur qui te découvre, j’ai envie de dire : don’t worry. Je trouve qu’au même titre qu’Mry, vous semblez avoir gardé un certain côté « J’men fous j’m’éclate » qui vous protège VS d’autres blogueurs qui ont suivi le même parcours que vous et qui ont trop basculé dans le côté obscur des People.
    Enfin, je partagerai un conseil qui m’a plutôt fait avancer alors que j’essayais de sur-cérébraliser le démarrage de mon blog : tout ça, ce n’est pas toi dans ton intégralité. Le vrai toi, seul quelques-uns le connaissent (peut-être même que toi).

  26. mai 16, 2009 6:26

    Tu t’interpelles et m’interpelles. A ta question « pourquoi écrire ? » je te renvoie la mienne « pourquoi te lire ? ». Silencieuse la plupart du temps mais lectrice assidue, je peux te dire que ta présence sur la blogosphère m’est essentielle parce qu’elle me fait rire mais aussi réfléchir, parce qu’elle relève le niveau et ne fait pas que se regarder le nombril et quand elle le fait, le fait avec humour, parce qu’en ce moment elle mélange deux cultures et met ainsi de la distance et un surcroît d’intelligence, parce que tes off-air me plient en deux comme ta course au régime avec ton poteau rugbyman. Bref la blogosphère c’est mieux quand tu y es même en pointillés, alors j’veux pas que tu t’en ailles, même si t’en as rien à cirer de m’avoir comme lectrice.
    Et sinon, Alain Delon parle de lui à la troisième personne, donc tant que tu n’en es pas arrivé là tu peux continuer à bloguer.

  27. matthieu permalink
    mai 16, 2009 8:22

    j’aime bien cette phrase qui résume la tendance actuelle :
    . Désormais tu ne t’exprimes plus, tu communiques.
    Pour le reste, il me semble que ce n’est pas la première fois que je vois ce genre de post ici. C’est justement pour ces remises en question que j’adore venir ici.

  28. mai 16, 2009 10:08

    Moi j’suis bloqué à l’étape 1, ça simplifie les choses!!
    à bientôt

  29. mai 16, 2009 11:35

    Très jolie analyse à effet miroir de mes 6 années de blogging et de ma récente conversion à Facebook que j’avais savamment conchié jusque là. Je serai pourtant plus précis, je pense que les social média ont tué le blogging « personnel » le style avec ses tripes, parceque trop perso justement.
    Il va nous rester des statuts superficiels sur facebook et TWitter et les millions de Skyblogs, des blogs d’info et de relais de gadgets / vidéos fun, bref de l’info superficielle et non implicante, et je dis ça en connaissance de cause, mon blog collaboratif est fondé et assumé sur ce principe 😉

  30. jfnoual@gmail.com permalink
    mai 17, 2009 12:09

    Vinvin, tu finiras a Nulle Part Ailleurs

  31. Polar Bear permalink
    mai 17, 2009 1:29

    Etape 7 tu te trouves un éditeur et tu te jettes à l’eau.

  32. mai 17, 2009 9:30

    Moi qui pensait arriver un peu plus tôt dans les commentaires, j’ai raté ta note hier.
    Une note affreusement (sisi) juste et je suis passé comme beaucoup je pense par les mêmes étapes aussi.
    Reste que je n’ai jamais vraiment parlé de moi sur mon blog et que je suis parti à l’étranger (quoi, j’en entends qui rigolent parce que le Luxembourg c’est pas l’étranger…mé-euh !) mais sans traverser un océan (donc j’avais les fesses au sec).
    Je ne sais pas si ce que tu décris est vraiment possible, j’aimerais y croire mais bon…de mon coté, j’essaie de donner aux quelques lecteurs (clairement moins nombreux qu’ici) en essayant d’être moi même malgré tout mais sans doute d’une autre manière (une partie de moi quoi pas tout).
    Hate de voir comment tu vas nous recevoir en tous cas !

  33. sapiens permalink
    mai 17, 2009 10:37

    ‘tain, tu viens de raconter la vie à plein de gens.
    « le grand écart avec les fesses dans l’océan, découvrant un univers extraordinaire », là, joli.
    Etape 6: tu le croiras pas (on s’en fout un peu aussi), je suis en plein dedans, naïvement, le retour à l’origine, 2003, en mieux (‘tain le con, y pense que c’est mieux). Sauf que je n’ai jamais assumé ma connectophilie (t’as de ces mots aussi).
    Alors, je me bouffe les lèvres et je ne te dis pas quel est mon nouveau blog (déjà parce que tu le lirais p’têt pas, grand occupé devant les ternels) même si nous avons déjà bu des légers coups ensemble (grande fierté personnelle, juste).
    Par contre j’attends ton ère.
    Hop.

  34. mai 17, 2009 11:16

    Moi je blog pour ma gueule à présent. Rarement, mais je ne veux pas de règles, pas de contraintes. On n’est des blogueurs « fin de race », avec des codes et des principes différents. Alors on ne comprend pas tout. Mais tu sais, on est à la fin des phénomènes. Les blogueurs se prenant pour des journalistes hyper influents vont devoir trouver un vrai travail, il restera les vrais pros et les dinosaures. Car on va préserver notre espèce. Personne ne le saura, et ce ne sera pas plus mal.
    Et le soir, on dinera avec des potes, plutôt que de boire le Champagne offert par un opérateur mobile ou un constructeur de tracteur persuadé que d’avoir 1000 followers sur Twitter peut l’aider à développer son business…
    Mais ne sommes nous pas dans un mode de redite permanente ?

  35. Demian West permalink
    mai 17, 2009 12:51

    J’ai tenté un résumé de l’article :
    « Ca fait chier d’êt’ con ! »

  36. mai 17, 2009 12:53

    Perso, j’en suis à l’étape 7. Si tu veux, je te raconte, ça fait des choses bizarres dans le dos, des glouglou dans la colonne vertébrale, mais ca peut être pas mal. Après, il faut juste savoir se moquer de ceux qui sont partis dans la mauvaise direction au mauvais moment, et sont toujours empêtrés dans l’économie stupide qu’ils ont créée.
    Une idée notamment : réécrire un bon livre.
    Après, c’est pas les réseaux sociaux qui ont tué le blogging, c’est la surmédiatisation de quelques trucs qui nous arrivaient, que certains ont trop pris au sérieux. J’ai toujours quantité de bons blogs avec qui je m’amuse.

  37. mai 17, 2009 2:08

    du grand art !

  38. mai 17, 2009 3:33

    J’aime bien ce que tu écris, même si je ne vois pas les choses de la même façon.
    S’éloigner de son blog (ou de son blogging) pour tenter d’autres expériences sociales peut aussi être vu comme la phase nécessaire de son propre cheminement, et l’enrichissement de son expérience humaine. Qui donnera matière à ce qui nourrit son blog. Un temps pour tout.
    Il y a des choses perdues à jamais mais dont l’expérience ne peut être tuée quand elle a été partagée de la sorte.
    La preuve.

  39. mai 17, 2009 5:18

    Welcome back /-)
    reste l’option « rejoindre des potes dans une soucoupe en chantier où tous ont en commun ce passé que tu décris si joliment ici » et continuer à bloguer, à twitter, à facebooker, parfois simplement en synchronisant ces bouts de toi 🙂

  40. mai 17, 2009 5:36

    Même pas un an de Facebook, même pas six mois de blog, mais je ressens déjà tout ce que tu dis et qui me paraît tellement vrai. Parfois envie de quitter l’un, envie d’arrêter l’autre, mais aussi accro à l’un comme à l’autre. Chacun apporte ses satisfactions, chacun sa part de frustrations. Et jusqu’où dévoiler, ne pas tricher, être sincère ? Que dire, ne pas dire ? Qui nous lit, proches ou étrangers ? Comment ne pas avoir la tentation de se lier avec certains au-delà du virtuel ? Je prendrais bien un Lexomil !

  41. mai 17, 2009 8:12

    pour ma part, j’ai tendance à penser que le media social, beaucoup plus rapide et facile n’est qu’une excuse idéale au manque de motivation qui finit par arriver, avec ou sans ces outils facilitant la fuite

  42. mai 18, 2009 9:51

    Règle n°1 qui se vérifie toujours : Loin du coeur, loin des yeux
    Règle n°2 qui se vérifie toujours : Ce n’est pas un ami que l’ami de tout le monde (Aristote)
    « Le temps est rare et il faut choisir ton loisir. Ecrire ou parler. Offrir ou partager. » … le social média nous apprend qu’être humain, c’est accepter le fait que tout le monde a les mêmes envies que soi, qu’il y a d’autres personnes aussi douées que soi (sinon plus) et qu’ils ont commencé à prendre beaucoup de place dans nos vies virtuelles. Mais surtout, le web est un divertissement. Les internautes surfent là où ça bouge, où ça divertit plus fort qu’ailleurs, puis, passent à autre chose. Va falloir faire avec, s’adapter… un exercice d’équilibre périlleux en somme, si tant est qu’on a pas d’autres occupations dans la vraie vie ou alors, c’est son métier de divertir les masses.

  43. fred permalink
    mai 18, 2009 10:20

    Salut vinvin,
    Question à étudier:
    Je trouve que la blogosphère française est d’une grande qualité, tant au niveau de la réflexion, que de la forces des personnalités présentes.
    Toi, Mr Resse, Mry le branleur, et bien d’autres avez, de manière plus ou moins assumé, un fort caractère doublé d’une empathie très marquée.
    Et pour en profiter pleinement, je me suis toujours amusé à imaginer ce que donnerait une web émission avec vous tous.
    Une telle « tempête dans vos cerveaux arriverait, j’en suis sûr, à un résultat très sympathique, qui vous permettrait de renouveler un peu le style.
    Cette idée t’a-t-elle traversée l’esprit?

  44. Roger..hum..Moore permalink
    mai 18, 2009 10:34

    Moi, je s’rai toi,
    J’s’rai resté avec « l’étape 1″…
    ..eh oui! le plaisir du trottoir !!!

  45. mai 18, 2009 11:44

    Les blogs sont morts (suite)

    Si vous arrivez ici pour la première fois, vous avez peut-être envie de vous abonner à notre fil RSS pour rester en contact (adresse du flux RSS). Merci de votre visite !Intéressant billet de Vinvin, blogueur vidéaste refroidit, sur le cycle de vi…

  46. mai 18, 2009 12:54

    Un truc certain que ton post matérialise : il y a dans cette société un besoin simultané de se goinfrer de contenus de qualité et d’échanger de manière légère. Le graal serait de pouvoir assouvir les deux avec le meme outil.

  47. mai 18, 2009 2:44

    Ce que tu aimes par dessus tout, c’est écrire… et un blog est un excellent support pour cela. Tu peux écrire ce que tu veux, être ton propre éditeur, rencontrer un grand succès mondial (souvent limité à quelques milliers de vues) ou faire un énorme bide mondial (avec seulement quelques milliers de vues) sans que cela ne change rien sauf pour toi. Tu te seras exprimé, tu auras réfléchi et avancé un peu plus. C’est sans doute cela qui compte.
    Je n’ai pas de conseil à te donner mais tu es un ami donc impossible de ne pas contribuer : Tu devrais continuer en fermant tes commentaires (juste en laissant les Trackbacks pour partager avec ceux qui le veulent) et en déconnectant Google Analytics, comme ça, que pour toi… Ceux qui veulent te parler le feront sur Twitter 😉

  48. mai 18, 2009 7:53

    gauchedecombat se rit des social médias qui n’ont de social que le nom, et la philanthropie d’un robot informatique qui ne fait que compter le nombre de liens, et celui des visiteurs… mais point la force de l’émotion et de la conviction dans le fond de notre cœur…. La foi soulève des montagnes.
    Résistance !
    (un simple exemple de ce que j’avance, ici : http://gauchedecombat.wordpress.com/2009/05/17/fesse-de-boucs-le-reseau-anti-social/

  49. mai 18, 2009 10:00

    Excellent, tout simplement.

  50. Serge LEFORT permalink
    mai 19, 2009 1:03

    Une question que je me pose depuis un certain temps : pourquoi les journalistes éprouvent-ils le besoin de créer des blogs alors qu’ils supportent difficilement le débat d’idées qu’ils font pourtant mine de susciter ?
    Ainsi, un certain Alain Joannès a effacé rétroactivement tous les commentaires, postérieurs au 6 mai 2009, de l’article La dynamique de désinformation sur les risques de pandémie. Voici la copie des commentaires réalisée avant l’opération chirurgicale de type stalinienne.

  51. mai 19, 2009 1:40

    j’ai adoré ce post…j’ai l’impression que j’aurais pu l’écrire (la qualité de la plume en moins)…à quelques détails ou quelques degrés prêt (je n’ai jamais fait 2000 visiteurs notamment…:P)
    « La qualité ou la nullité filent avec la même vitesse dans les limbes des « pages précédentes »[…] » –> Je crois que c’est une des plus belles définitions de l’internet d’aujourd’hui que j’ai pu lire. Je voudrais pas en faire trop non plus…
    Sincèrement,
    Merci.

  52. mai 19, 2009 6:32

    Le blog, c’est déjà une telle drogue. Je m’en tiens à ça. Et je ne pense pas que cela durera des années. Bonne continuation.

  53. mai 19, 2009 10:53

    Excellent billet, les réseaux sociaux me gonflent et je continue à écrire un billet quotidien spontané qui me ressemble bien que relu et corrigé, important de conserver une certaine qualité de plume qu’on perd avec le micro-blogging.

  54. mai 20, 2009 4:54

    Les social media n’ont tué le blogging que si on fait l’erreur de croire que le blogging est universel, ou qu’ils sont exclusifs. Bloguer c’est difficile, et tous ceux qui s’y sont mis uniquement au moment où les blogs étaient devenus à la mode et parce que c’était la mode (je parle au passé, ils ne le sont plus depuis longtemps) ont vite filé en d’autres lieux bien plus faciles à utiliser. Raconter n’importe quoi en 140 caractères ou devant sa webcam, c’est infiniment moins exigeant intellectuellement qu’écrire des articles.
    Avoir quelque chose à dire n’est pas une condition nécessaire pour participer à ces « social medias », contrairement à l’écriture des blogs. Qui ne sont pas morts, soit dit en passant.

  55. mai 20, 2009 8:18

    Ou alors tu te concentres sur les OffAir quasiment nécessaires en ces temps difficiles.

  56. mai 21, 2009 12:22

    Très bon billet Vinvin 😉
    Très juste.

  57. mai 21, 2009 5:56

    Je ne me souviens pas avoir lu une aussi brillante analyse sur les 4/5 dernières années de blogging, totalement d’accord! …et impatient de suivre l’étape 7!…et pourquoi pas tiens, Vinvin, homme de théâtre plus que de lettres? je suis certain que tu excellerais sur des planches (en comédie de boulevard, ou en one-man-show)

  58. juin 5, 2009 10:38

    Sans aucune comparaison d’échelle ou de succès, je me suis beaucoup retrouvé dans tes interrogations.
    On est assez malheureux de ne pas avoir de lecteur, et je ne pensais pas qu’on pouvait parfois être autant malheureux d’en avoir, quelquefois ça file une pression vraiment stérilisante.

  59. Jerry Nieuviarts permalink
    juin 25, 2009 7:39

    Tout simplement excellent

  60. juillet 10, 2009 8:59

    Que dire qui n’a déjà été dit? rien. Juste ce que tu sais sans doute déjà: rester honnête.

  61. mars 27, 2010 10:29

    Un certain Daniel B. avait eu le même soucis :
    « Puis quand j’en aurai assez
    De rester leur idole
    Je remont’rai sur scène
    Comme dans les années folles
    Je f’rai pleurer mes yeux
    Je ferai mes adieux
    Et puis l’année d’après
    Je recommencerai
    Et puis l’année d’après
    Je recommencerai
    Je me prostituerai
    Pour la postérité… »
    Je crois que le soucis est le même pour tous les artistes. D’abord plaire pour ce que l’on est , et continuer pour plaire au plus grand nombre.

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