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Le mercenaire

août 3, 2009

Je ne me sens de nulle part. Ni Parisien, ni Basque, ni Normand, ni Corrézien, ni rien. Je pourrais prétendre à toutes ces AOC, pour quelques raisons justifiables. Mais non. Je suis éternellement détaché des terres et des origines. Comme si ma vie intérieure et la persistence de mes doutes avaient pris le dessus sur la fragile illusion de l'appartenance à un code postal. Je ne me sens d'aucune fierté locale et pas une seule bigoudène ne vient orner le costume de mes souvenirs. Errant de terres en terres, de voyages en voyages, je nourris ma mémoire de récits et de personnages, mais aucune tradition ne prend l'ascendant sur une autre ; comme si mon besoin de liberté excluait tout forme d'appartenance à quoi que ce soit de plus collectif qu'une personne. Alors bien sûr, de temps en temps, je revendique tel ou tel terroir au détour d'une conversation, mais je sais au fond qu'il s'agit davantage d'un exercice social que d'une profession de foi. Au fond je suis neutre comme une éponge, à l'affût de toutes les épices et de tous les accents, curieux de chaque fanion. Mais nulle part je ne me sens chez moi. Comment finit-on par se sentir chez soi ? Est-ce une décision ou un abandon ?

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28 commentaires leave one →
  1. gioluca permalink
    août 3, 2009 8:29

    Un Abandon (dans mon cas). Mais aussi une évidence. Etre né quelque part comme dis la chanson. Pour moi, c’est la chance d’avoir une double casquette, un pied dans deux mondes différents et sans schizophrénie aucune. Une langue différente, des traditions, des habitudes, des amis, les anciens. Une contradiction aussi. Cette nécessité ambiguë et impérative de retourner chez soi, pour souvent vite en partir.
    J’adore être ailleurs, pour ressentir ce spleen, le manque, qui me sert parfois la gorge ou le ventre. Sans cette sensation, sans cette nostalgie qui je sais arrivera, je n’aurait peut être jamais voyagé, je n’aurait jamais pu m’expatrier. Quand je suis très loin et que je pense à mes chataigniers, c’est con, mais il ne peut rien m’arriver.

  2. août 3, 2009 9:34

    chez soi, c’est là où on dort le soir

  3. août 3, 2009 9:36

    C’est con ce que je vais dire mais je pense que c’est vrai… On est chez soi sur la planète, c’est tout. Les frontières, les territoires ont été créés par l’humain mais si on revient à l’essence même des choses, chez soi c’est partout sur cette planète.
    On pourrait alors en conclure que chez soi c’est habiter son corps mais un peu de méditation et d’étude spirituelle fait vite comprendre que « un est tout ». Donc on est tout…
    Alors, seule limite que l’on peut se fixer: l’amour.
    On est chez soi quand on est avec les gens qu’on aime.
    Finalement, à sa mort, qu’est-ce qui importe ? Les gens qu’on aime et qu’on a aimés ! Le reste n’a aucune importance.
    Namasté !

  4. août 3, 2009 10:41

    Se sentir chez soi c’est un abandon, définitivement.
    Je ne suis pas une grande voyageuse et je ne me suis jamais expatriée mais j’ai beaucoup beaucoup de mal à comprendre les gens qui parlent de racines.
    Par contre, avec ce qui (t’)est arrivé l’année dernière, je comprends parfaitement ce genre d’interrogations.
    t’façon, je te l’ai toujours dit : t’es irlandais 🙂
    P.S. : bien dit cubik !

  5. août 3, 2009 10:43

    Je ne pourrais dire mieux.

  6. Polar Bear permalink
    août 3, 2009 11:17

    On est tous de passage … plus vite tu piges moins tu perds ton temps …

  7. gioluca permalink
    août 3, 2009 12:13

    Dites les amis, ok, on est tous de passage, mais en quoi cela m’interdirais de me sentir appartenir à une terre? à une géographie? je ne me l’approprie pas, elle ne m’appartient pas (j’adore même que les gens la découvre) c’est juste l’endroit de la planète ou je me sens le mieux. Pour pleins de raisons. Faudrait pas s’imaginer que être attaché à sa terre étanche la soif de découverte. Pour moi ça favorise les voyages.

  8. août 3, 2009 2:59

    Un peu comme Gioluca…
    Cela va fait plusieurs années que je voyage un peu partout dedans la France et deux ans que je suis installé dans la Région de Montpellier et très franchement « ma » Normandie me manque : Sa pluie, ses vaches, sa verdure, les falaises de St Valéry, la plage de Veulette…
    J’voudrais revoir ma Normandiieeuh, C’est le pays ou je suis né… J’voudrais revoir ma Normandiieeuh, Ses paysages et ses prairies…

  9. août 3, 2009 3:47

    Oui mais tu as un nom qui a une histoire, tu es « héritier ». Je n’ai ni passé antérieur (intérieur?), ni tombeau, ni grand-parents, ni « château » familial. Cela, c’est être déraciné et ce n’est pas du tout confortable.
    Remarque qu’à coté de cela, le chauvinisme régional semble tellement absurde ; attacher de la fierté à des lieux, des héros, des coutumes, des bouts d’histoire dans lesquels on n’est strictement pour rien, est-ce une appartenance ou une illusion que l’habitude a infusée dans les idées et qui tient lieu d’identité ? L’écrivain allemand Jean-Paul pensait que l’incarnation de la bêtise était le « lecteur », celui qui inscrit sa pensée dans celle d’un autre, qui marche dans le sillon des idées du « père », sans jamais s’en libérer. Songer aussi que le « grand tour » le papa du « tourisme » est un corollaire des Lumières : va voir du pays, mon gars, et tu deviendras, peut-être, un honnête homme… 😉

  10. passant permalink
    août 3, 2009 5:38

    Au hasard, je dirais que tu es français. Je peux me tromper. Je sais, c’est honteux 🙂 (c’est à ça qu’on reconnaît un français).

  11. août 3, 2009 5:41

    C’est plutot le principe d’appartenance unique qui me semble erronée…
    Il y a 1 an, en allemagne, j’etais français. Mes racines étaient tout un pays, parce que je le voulais, et que les autres le « concevait »
    quand je suis au peak sur un spot de la cote atlantique, je suis parisien (parfois malgré moi)
    quand je suis avec mes amis, les vrais, je suis moi parce qu’ils sont eux, ce sont nos seuls racines
    Et dans 10 qui serais je? Dans 20 ans ?
    Mon identité est à mon image, adaptable, multiple, mouvante, liquide et finalement connu de moi seul, et de mon clan…

  12. août 3, 2009 9:21

    Qui sait, peut-être que quand tu vas rencontrer un martien tu te sentiras terrien. Peut être que simplement ton village à toi c’est le grand Village. A mon avis c’est pour ça que te sens bien sur le web, pour les 2 premiers W.
    Pardon de te parler comme si je te connaissais mais tu te livres, alors moi j’anote 😉

  13. août 3, 2009 10:42

    Je pense que tu es ainsi. C’est aussi bête que cela. tu as eu le courage de part ta vie de t’éxiler, de vivre ailleurs, car c’est ton bonheur. Tu es un homme de culture, tu as voyagé, tu connais un peut le monde, tu es un terrien, juste un terrien, c’est deja une belle identitée.

  14. Henry Rollins permalink
    août 3, 2009 11:40

    Je vis avec une étrangère qui a laissé sa famille très très loin il y a bien longtemps. Alors bien sur elle est attachée a ses racines mais en même temps elle est totalement imprégnée par ce qu’elle a construit ailleurs avec ceux qu’elle aime. Chez elle c’est là où elle se sent bien. Et forcément c’est aussi nulle part.

  15. août 4, 2009 7:41

    Quid de ce qu’il y a de plus notre en nous comme disait Malaparte : ton sang ?

  16. Cécile permalink
    août 4, 2009 9:29

    j’ai réalisé un jour entre deux camions de déménagement que chez moi c’est et ce sera toujours là où MA tribu se trouve : l’homme de ma vie et mes filles. Simplissime peut etre mais seule verité lorsqu’on n’attache pas d’importance vitale à la possession d’un lieu.

  17. août 4, 2009 9:49

    Une évidence, un endroit que l’on reconnait.

  18. août 5, 2009 10:42

    Hello mister Vinvin, en tant que vieux lecteur quasi muet je me permets de faire un hors sujet et te demander de jeter un œil distrait à la fille Karine qui fait un vidéoblog qui me rappelle énormément tes vidéos persos 😉
    http://mesvideosgeniales.over-blog.com/
    PS : Je préviens je ne la connais ni des lèvres ni des dents, je viens juste de la découvrir donc si ça se trouve je suis super has been ^^

  19. Nicolas permalink
    août 7, 2009 10:19

    Bonnes questions que voila.
    On est chez soi la où on se sent bien au moment où on y est… Pour combien de temps c’est variable, certain toute leur vie, d’autre pour une paire d’années voire moins…
    Apres 17 ans en Savoie je n’ai pour le moment pas vécu plus de 3 ans de suite au même endroit. En train de me poser au Mexique, 3 ans déjà et pas mal de plan futur ici, peut être ai je trouvé mon chez moi?

  20. août 9, 2009 4:35

    Chez moi, c’est l’endroit où celui que j’aime m’attend. Ce peut être n’importe où sur la planète… ou ailleurs !
    J’ai dit une connerie, là, non ?

  21. Virginia permalink
    août 10, 2009 2:15

    Que « Secret story » existe me ferait chialer si je ne parvenais à en rire: La « France moisie » de Sollers vire au cramoisi, à la décomposition.Tel est le miroir télévisuel du pays des C’htis, contemplant le spectacle vulgaire (songeons à l’étymologie), la mascarade acadabrantesque de ce club d’unhappy -few perdus… Cherchant quelque écho critique sur la toile, c’est alors qu’advint VINVIN dans ma vie nettienne! J’en pleure d’aise et de joie, qu’un caniveau m’ élève si haut! C’est l’effet kiss cool, pervers et salutaire de « S.-S. » Si Cioran savait… Merci, boussole blonde vénitienne,qui de votre rousse auréole, faîtes fuser paroles aiguisées, comme vous me réjouissez! Virginia

  22. GuiGrou permalink
    août 12, 2009 1:10

    Tu es chez toi le jour où tu décides de faire ce que tu as à faire quels que soient les voisins et quels que soit l’endroit!
    ça peut arriver n’importe où.

  23. août 13, 2009 9:44

    J’adore!

  24. Nahimage permalink
    août 16, 2009 5:51

    ouias mais aussi son attachement viscéral pour la Toscane.

  25. Guillaume L permalink
    août 18, 2009 4:11

    Ton chez toi, c’est ta famille Vinvin, celle qui t’a bati et celle que tu batis.
    C’est ce que tu ne perdras pas, sauf catastophe.

  26. août 20, 2009 11:57

    De plus en plus donc, on vous vend de la guerre en boîte…
    http://ysengrimus.wordpress.com/2008/06/30/qu%E2%80%99est-ce-que-le-bellicisme/
    Et en plus, on rogne les angles et on vous la fait, là aussi, à «payez plus, obtenez moins»…
    Paul Laurendeau

  27. août 22, 2009 2:52

    Tu l’écris quand le livre qui restera sur ma table de nuit, que je relirai toutes les 3 semaines, tous les 2 mois, tous les 10 ans? Et que je conseilleirai à mes (vrais) amis. Tes mots coulent comme de l’eau de source. J’ai tout simplement envie de continuer à lire, lire, lire… J’ai juste envie d’un bon contenu qui fasse plus que les 8 lignes de ce « post » (sur mon écran xx pouces). Un vrai bon bouquin, de la vraie bonne matière, comme un bon condensé des quelques années de ton blog et, éventuellement, des idées que tu n’as jamais partagées avec « nous » via le web deuzéreau.
    Je suis patiente, j’espère, j’attends.
    Merci d’avance 😉
    Anne
    PS – J’aime particulièrement : « pas une seule bigoudène ne vient orner le costume de mes souvenirs ». J’ai presque l’impression que ça pourrait être le refrain d’une belle chanson. Chiche…?

  28. Philip permalink
    octobre 12, 2009 5:29

    Pour répondre a cette question, il y a une seule réponse, on naît quelque part et après la nostalgie de votre pays vous envahie, vos rêves d’enfants reviennent, tout ce qui vous était proche vous manque parce-que c’était votre enfance vous étiez avec vos Parents, grands-parents et donc ce pays qui vous a vu naître c’est votre Paradis. Je suis un rapatrié, et je sais de quoi je parle.

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