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Marcher, marcher, marcher…

novembre 4, 2010

Plus je vieillis, plus je rencontre des gens qui vieillissent. Et contrairement à ce que je croyais quand j'avais vingt ans, on ne devient pas plus sage ni plus sérieux avec le temps. Je croise des destins bousculés, des familles décomposées, des humains contrariés et anxieux. J'entends la peur. Des trucs de grands, des soucis. Mais je ne vois pas de gens plus sages, au contraire. Je ne vois que des enfants avec la peau ridée et des problèmes de grands. Mais rien, aucune certitude, aucun signe de tranquillité. Air du temps, vicié, composé de grèves, de chômage, de terrorisme, de détournements de fonds ; un air acide dont nous avons conscience en vieillissant, chaque jour de façon plus précise. On s'observe grandir dans ce merdier en cherchant à tirer son épingle du jeu. Gagner de l'argent, prendre des vacances, payer l'école des petits et si possible un cours de quelque chose, pour qu'ils soient meilleurs que nous… Une bande de gamins dans la cour d'école, qui chahutent avec des armes à balle réelle, voilà ce que nous sommes. Je ne sais quel fil invisible nous tient en suspension et nous permet de continuer, mais nous continuons. Réveil. Journée. Sommeil. Un rythme régulier qui nous berce inexorablement, un tempo magnifique. Nous respectons les pas de cette chorégraphie, pulsation imposée, en cherchant ici et là des trucs pour supporter le poids de cette longue marche. Pour ma part, malgré des gigantesques plages de ralenti, des chemins de traverse, des imprévus, des grosses périodes de doutes, j'essaie de suivre le cap, cette "étoile polaire" que j'évoquais il y a quelques mois à TEDx. Depuis que j'ai identifié cette petite lumière dans la constellation, la plupart des anicroches me paraissent être des épreuves à surmonter pour avancer plus vite et mieux. Pas facile. Pas fluide. Mais c'est le sens de la marche. Je travaille là-dessus comme disait l'autre, et j'espère pouvoir partager cela très bientôt, parce qu'il faut que ça sorte pour que ça prenne du sens. À suivre…

15 commentaires leave one →
  1. novembre 4, 2010 4:02

    Je t’avais aimé au TEDx (ouais, j’ai pas peur de le dire) et je continue à t’aimer quand tu as ce genre de discours.
    Toujours de l’avant, en voyant un petit point au loin et quelque soit les embuches…

  2. novembre 4, 2010 4:10

    C’est très bateau ce que je vais dire mais j’ai toujours pensé comme toi que les adultes n’étaient définitivement que des enfants avec une carte bleue…

  3. novembre 4, 2010 4:12

    Tu me fais penser à Nouvelle Terre, que j’ai commencé à lire..tu l’as lu?

  4. Manue permalink
    novembre 4, 2010 4:16

    Sans doute c’est parce qu’on ne se remet pas de son enfance qu’on y demeure … Le temps perdu ne se rattrape jamais, on court juste après …
    Moi aussi j’aime te lire, au moins autant que te voir faire le pitre, et pourtant tu me fais rire !

  5. Gratte permalink
    novembre 4, 2010 4:50

    Je suis une incroyable optimiste. Je trouve que chaque âge est magique… Oui bien qu’étant grand nous restons « enfant » dans l’âme… Je pense qu’il ne faut pas avoir peur et avancer…la vie est belle même si elle est compliquée et chacun possède un atout incroyable c’est le « choix ». Nous sommes dans un pays où nous avons la possibilité de choisir. Il faut maintenant les assumer.
    J’aime ces petits moments de réflexion!! Merci

  6. novembre 4, 2010 4:58

    Lucide, sensible, bien écrit.
    Brilliant.

  7. novembre 4, 2010 5:15

    Peu importe où te conduit ton étoile polaire, continue à écrire s’il te plait !
    Beaucoup de recul nécessaire pour garder le cap malgré les embûches que la vie nous réserve.
    Suivre son étoile, garder ses valeurs… je me rends compte au fil du temps qu’en conservant toujours ça en tête j’arrive à conserver mon optimisme et ma bonne humeur peu importe les difficultés. Et si c’était ça finalement le bonheur ?

  8. novembre 4, 2010 7:00

    Joliment dit, mon ami. Parce que sensiblement pensé, et intelligemment traduit. bises

  9. Anneso permalink
    novembre 4, 2010 8:14

    J’ai 48 ans et je me sens comme une « vieille petite fille »,souvent…

  10. Blogblog permalink
    novembre 5, 2010 2:34

    « Depuis que j’ai identifié cette petite lumière dans la constellation »…
    Cyrille t’es un mystique, voir limite monastique.
    ta phrase me fait penser à Stella Maris de Saint Bernard de Clairvaux (12ème siècle tout de même).
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_de_Clairvaux
    « regarde l’étoile »:
    Ô HOMME, qui que tu sois, qui dans cette marée du monde, te sens emporté à la dérive parmi les orages et les tempêtes, ne quitte pas des yeux la lumière de cette étoile.
    Quand se déchaînent les rafales des tentations, quand tu vas droit sur les récifs de l’adversité, regarde l’étoile, appelle Marie !
    Si l’orgueil, l’ambition, la jalousie te roulent dans leurs vagues, regarde l’étoile, crie vers Marie !
    Si la colère ou l’avarice, si les sortilèges de la chair secouent la barque de ton âme, regarde vers Marie.
    Quand, tourmenté par l’énormité de tes fautes, honteux des souillures de ta conscience, terrorisé par la menace du jugement, tu te laisses happer par le gouffre de la tristesse, par l’abîme du désespoir, pense à Marie.
    Dans les périls, les angoisses, les situations critiques, invoque Marie, crie vers Marie ! Que son nom ne quitte pas tes lèvres, qu’il ne quitte pas ton cœur, et pour obtenir la faveur de ses prières, ne cesse pas d’imiter sa vie.
    Si tu la suis, point ne t’égares ; si tu la pries, point ne désespères ; si tu la gardes en ta pensée, point de faux pas. Qu’elle te tienne, plus de chute. Qu’elle te protège, plus de crainte. Sous sa conduite, plus de fatigue. Grâce à sa faveur, tu touches au port. Et voilà comment ta propre expérience te montre combien se justifie la parole : Le nom de la vierge était Marie !

  11. novembre 5, 2010 9:37

    Salut,
    c’est normal que tu ne croises pas de sages, mais que de vieux enfants.
    Les sages se sont barrés depuis longtemps,
    loin des grandes villes (aussi belles soient-elles) surpeuplées d’êtres « aveugles de la vie »,
    pour retrouver la paix de l’âme à la campagne.
    Quant à garder le cap, les « petits » écueils doivent passer sur toi/nous sans une égratignure.
    C’est la vie, elle si facile à vivre lorsqu’on s’en détache.
    ;0)

  12. Sylvie permalink
    novembre 6, 2010 8:06

    Si tu apprends également à oublier la mort ne serait-ce que quelques jours d’affilée, pense à partager.. Je t’embrasse.

  13. Flo permalink
    novembre 8, 2010 9:36

    Merci Vinvin pour ce texte. J’aimerais en voir plus souvent des comme ca ici car ces pensées mettent souvent les mots sur ce que je ressens mais suis incapable d’exprimer. Alors merci.
    Love, and all that jazz…

  14. Rémi permalink
    novembre 22, 2010 4:31

    Deviens le, c’est ta seule chance…


  15. décembre 19, 2010 1:30

    merci pour le lien vers la vidéo Rémi.

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