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Le bonheur est dans les tripes

mai 11, 2011

Ça faisait longtemps. Juste prendre le temps de s'assoir et de défier la page blanche.
Fournisseur de contenu professionnel et amateur, inconstant comme le temps qui filoche.
Tu te souviens des débuts ? J'écrivais des posts tous les jours.
Puis les voyages, les aventures, les entreprises. Les mots ont perdu peu à peu leur fluide liberté.
Des mots encadrés dans des scénarios, des business plans ou des powerpoints. Des mots choisis pour un but.
Réécrire sans but, c'est divin, il faudrait le faire plus souvent. C'est ce qu'on se dit après avoir revu un vieux pote…
Alors doucement je me rassois à ma table, en oubliant qu'écrire est mon métier. Changer de table ou changer de clavier pour me donner l'impression de passer du boulot au loisir. Il faudrait parvenir à scinder mon cerveau, lui autoriser quelques moments de gratuité.
Tout a passé très vite depuis le retour des US. Les Raconteurs, devenus OLR Prod pour des raisons futiles ; scories de la vie dans ce qu'elle a de plus petit. Et quelques grandes histoires, On lâche rien, J'en crois pas mes yeux, Yo Mexico, United States of Airnadette, TEDx Paris, J'en crois pas mes yeux 2 dont le tournage vient de se finir. En parallèle : toujours des projets, plein de projets. Apprendre à vivre en mode projet, accepter la page blanche chaque matin. Ce petit frisson d'inconscience qui stimule, fatigue parfois, excite le plus souvent. Livres, films, scénarios, talk-shows, séries, radio, télé, web, la grande machine à laver du projet, une course à la création qui réveille la nuit et apporte tellement de plaisir quand le but est atteint. Comme la tarte, je sais.
Plus l'actualité et la vie deviennent lourdes et graves, plus j'ai envie de tirer de l'autre côté, vers le futile et l'absurde. Un grand cirque bruyant et sanguinaire qui appelle une réaction de survie de chaque instant ; une forme de vigilance cérébrale qui transforme mes terminaisons sensorielles en bouclier. La gravité s'immisce dans les pensées à la moindre image, au moindre clic. Il faut être super solide dans son slip pour distribuer son empathie comme il faut. Des petites et des grandes questions, tout le temps, à tous les âges. Et combien de quadras qui autour de moi sentent trembler leurs certitudes. La décennie des grandes décisions, des renoncements ou des coups de cravache, des ruptures ou des confirmations. Au milieu du gué, avec dans le rétro l'album de ses années collège et dans l'objectif la lente conscience de sa finitude. Tout reste à faire. Chaque minute qui passe est une question posée à ses rêves d'enfant. Certains semblent savoir où ils sont ; en tout cas ils simulent parfaitement. D'autres dont je suis poursuivent leur quête éternelle et sans répit, tournoyant parmi les possibilités, jonglant avec les contraintes, et toujours indécis quant aux recettes du bonheur. Ce sacré bonheur, comme un grâal planqué dans les tripes et qui ne demande qu'à poindre. Poindre, c'est joli pour un bonheur.
Je travaille ces jours-ci à la concordance de mes êtres, comme un puzzle aux pièces éparpillées mais qui se rapprochent de jour en jours, aimantées, attirées les unes par les autres. Je sens que c'est là, pas loin, qu'il ne me manque pas grand chose pour former cette belle cohérence. Ce sentiment est exquis autant qu'effrayant. Peur d'être juste soi. Peur d'accepter qui l'on est. Et si finalement, cette grande absurdité pouvait donner naissance à quelque chose de réel. De simple. De respirable. J'ai l'intuition que c'est possible. Alors on continue, on lâche rien.

6 commentaires leave one →
  1. Gperrin permalink
    mai 11, 2011 4:47

    Sans doute une des plus belles pages parce que des plus sincères.
    Mais Cyril il est trop tôt pour faire sa bio… mais jamais assez pour prendre le temps de regarder en arrière et continuer d’avancer!

  2. FredF permalink
    mai 11, 2011 5:18

    @GPeriin
    T’as raison quand il fait du sincère sans but c’est Beau !
    Merde Cyrille, je commençais à vivre en paix avec mes 40 balais après avoir écumé les psy du coin, et paf tu me remets le rétroviseur dans la tronche….
    Ce soir deux xanax pour féter ça,
    AAAhh merci monsieur.

  3. mai 11, 2011 9:18

    Comme l’a écrit le très réputé Onitsura
    Les yeux sont à l’horizontale
    Le nez est vertical
    Les fleurs viennent au printemps
    Patience, persévérance et bon courage pour la suite de votre cheminement

  4. mai 11, 2011 9:45

    J’adore ce billet qui sent bon le vrai!

  5. mai 11, 2011 9:54

    Comme tu as l’air vivant ! Et ça, déjà, c’est bon.

  6. Alain permalink
    mai 16, 2011 2:30

    Difficile de mieux décrire mon existence actuelle. Je voulais le faire par écrit aussi mais tu m’as précédé …et en mieux sûrement. Marrant et réconfortant de se reconnaître chez un autre qu’on ne connaît pas perso mais avec qui on partage les mêmes quêtes, incertitudes ou passions.

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