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Je pense à toi Colin Muset

juin 11, 2011

Troubadour_XIIIe_siecle Parfois je me demande si quelqu’un pensera à moi dans 700 ans ou un millénaire. Penser que quelqu’un pensera à moi me donne un goût d’éternité. Je serai à ce moment-là des restes de grains d’atome dans les poumons d’un peuple de mutants cybertrophiés ; mais peut-être que dans un Mémoire d’étudiant diforme et mauve on lira quelques Twitts ou découvrira quelques photos de moi dans je ne sais quel accoutrement. Penser à cela me fait rire.

Alors pour rendre la pareille, de temps en temps je pense à des gens du passé en supposant que peut-être ils rêvaient de la même chose et que ça leur faisait du bien. Ce soir je pense à toi Colin Muset, et je me réjouis de lire tes quelques rimes. Je ne te connaissais pas il y a dix minutes et maintenant nous sommes liés toi et moi. Colin, j’ai copié-collé ta bio sur Wikipédia, je ne suis donc pas sûr de ce que je sais de toi, tu ne m’en voudras pas j’espère.

Colin, mes amis et moi-même on pense à toi, tu peux sourire en cette année 1235, je suis sûr que tu sens le souffle de la bienveillance tandis que tu marches dans ce jardin printanier : c’est nous !

On se boira des coups en se tapant des verres (ou l’inverse), un jour, une nuit, ici ou en enfer. Je suis avec toi Colin.

 

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Biographie

Colin Muset est le nom donné à un trouvère français qui dut vivre durant la première moitié du XIIIe siècle (le siècle de Saint Louis ; naissance présumée en 1210), à la limite des comtés de Champagne et de Lorraine. Aucun manuscrit ne nous renseigne sur sa biographie et l’on ne connait de lui que ce qu’il nous a dit dans ses chansons, qui figurent parmi les plus belles pièces poétiques de ce que l’on a appelé le lyrisme bourgeois du XIIIe siècle.

Son nom même suggère qu’il s’agit d’un pseudonyme habile et plaisant, dont la signification est à peu près celle de la muse du pauvre Nicolas, sur un modèle qui annoncerait tant le colin-tampon (le tambour au gros Nicolas) que le colin-maillard (le maillet de Colin).

Il fut probablement poète courtois auprès des nobles de la région, voyageant de château en château, en quête de quelque argent pour faire vivre sa famille, puis il écrivit des oeuvres plus personnelles dans la lignée de Jean Bodel et de Rutebeuf, apparaissant ainsi comme un précurseur de Marot.

On connaît de lui une vingtaine de textes, dont certains sont accompagnés de musique. Joseph Bédier lui attribue vingt-et-un textes1, mais leur attribution est délicate, en raison de l’absence de nom d’auteur dans les manuscrits2.

Œuvres

  • Volez oïr la muse Muset ?
  • Mout m’anuie d’iver que tant a duré
  • Sospris sui d’une amorette
  • En mai, quant li rossignolet
  • Or veul chanter et soulacier
  • Une novele amorette que j’ai
  • Trop volontiers chanteroie
  • Quant voi lo douz tens repairier
  • Ancontre le tens novel
  • En ceste note dirai
  • Colins Musés, je me plaing d’une amor
  • Sire cuens, j’ai vielé
  • Devers Chastelvilain
  • Hideusement vait li mons empirant
  • Quant je voi yver retorner
  • Quant je voi lou tans refroidier
  • Quant li malos brut
  • Il me covient renvoisier
  • Je chantasse d’amorettes
  • Bel m’est li tens
  • De la procession

Exemple

Sospris suis d’amorette

D’une jaune pucelette :

Belle est et blonde et blanchette

Plus que n’est une herminette,

Sa la colore vermeillette

ainsi comme une rosette.

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