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L’epic fail de Jason Russell, de Kony 2012 à sa quéquette.

mars 17, 2012

Grâce à vous monsieur Jason Russell j’ai découvert le sanguinaire Joseph Kony. Le film que vous avez réalisé a fait plus de 80 millions de vues en dix jours et désormais vous êtes connu pour avoir fait vaciller le diable Ougandais.

(Voir le film, 30 minutes, pour ceux qui seraient passés à côté)

J’imagine tant d’années de travail, de combat, d’humanité, teintées d’un petit besoin de reconnaissance tout à fait pardonnable, le tout vous ayant conduit à réaliser ce film très bien foutu qui exploite parfaitement les ficelles de l’émotion et du storytelling. J’avais trouvé le paquet solide et la mission atteinte. Nous sommes désormais des millions à connaître le nom de Joseph Kony. Je ne sais pas ce que cela change concrètement, mais j’imagine que même le pire des salauds doit perdre un peu les pédales en apprenant qu’il vient de dépasser Kadhafi au hit-parade des buveurs de sang. Le genre de nouvelles à perdre son sang-froid, peut-être, ou pas. On est jamais bien sûr avec les démons…

Et alors là j’apprends que vous avez été arrêté ? Dans une ruelle de San Diego. En train de vous masturber et de vandaliser des voitures, sous l’emprise de substances… D’abord dites moi comment on se masturbe en vandalisant des voitures. Je n’avais jamais entendu parler de cette méthode. Mais bon, passons sur la technique et relisons le témoignage. « «Il était en train de courir dans la rue, perturbant la circulation, criant et jurant, se comportant de manière irrationnelle»explique un porte-parole de la police de la ville à NBC. Russell se serait déshabillé, et aurait, selon des témoins, fini par enlever son slip puis commencé à se masturber. Quand les forces de l’ordre sont arrivées, il avait remis ses sous-vêtements. » (poli le Russell, finalement).

J’en suis resté pantois. Je me suis dit que votre up and down avait dépassé et de loin celui de Lana del Rey, sauf que là on était dans du sérieux, de l’humanitaire, avec des vies à la clé. Je me suis dit « merde, ça c’est vraiment trop con… ».

Je vous imagine maintenant devant votre femme hallucinée et que j’espère protectrice et compréhensive, comme souvent les femmes peuvent l’être en cas de coup dur. Votre petit garçon, si mignon, qui a pris une part importante dans le projet puisqu’il est au coeur de votre récit. J’imagine que personne ne va lui raconter mais qu’un psychologue vous suggérera un jour de lui dire, car il est impliqué. J’imagine les potes de chez invisiblechildren, effondrés autour d’une table sous la lumière blafarde d’un milieu de nuit, les yeux hagards, silencieux, se demandant comment on a pu en arriver là. J’imagine aussi votre ami Ougandais, celui qui avait été torturé, qui va demander à ce qu’on lui ré-explique bien cette histoire de déshydratation qu’on nous balance pour expliquer que son ami Jason a fondu une durite… Ils n’ont pas d’eau en Californie ?

Je vois aussi la foule des charognards se réjouissant de cet #epicfail. Deux petits mots juxtaposés, collés pour l’occasion, et qui claquent comme un jugement dernier.

Pour ma part je suis triste pour vous, et rassuré sur l’humanité.

Vous n’êtes qu’un homme, un petit homme, comme nous tous. Vous avez disjoncté sous le soleil de San Diego, ivre de votre aventure, conduit dans les méandres de vos contradictions, de vos fantasmes, sans doute défoncé, rongé par l’angoisse et à la souffrance qui vous guident. Je vous imagine hurlant, les yeux rouges, mû par votre buzz mondial, étouffé par l’enjeu et le succès, fragile. Je me trompe peut-être, et je m’en fous. Vous êtes un Zidane, une vedette de l’acte manqué. Dans le même temps, George Clooney prend 30% de bankabilité en se faisant passer les menottes devant l’ambassade du Soudan. Il est sans doute plus affûté que vous, cher Jason, en termes de « personal branding ».

Je vois dans cette histoire toutes les entrailles de la tragédie, et tout le piment de notre humanité. Entre héroïsme et décadence, nous sommes tous, je le crois, capables du meilleur comme du pire. Une gigantesque bande de branleurs au grand coeur.

7 commentaires leave one →
  1. mars 17, 2012 8:14

    moi j’y dis qu’on ne nous dit pas tout, que ce personal branleur a été manipulé et qu’on lui aurait fait absorber à l’insu de son plein grès des substances délirantes pour le pousser à la faute, à l’animalité… on ne nous dit pas tout..

  2. seb permalink
    mars 17, 2012 11:14

    Les chinois du fbi certainement.

  3. mars 17, 2012 1:55

    Son association n’est pas très transparente… Je trouve que son documentaire en fait trop… Mais là:/ Des gens vont crier au complot ce qui est ridicule !

    Un branleur au grand coeur ;D

    Toujours aussi drôle VinVin !

  4. lory permalink
    mars 17, 2012 3:32

    Ca sentait la crise d’ego déjà : son superbe fils, son ami qui pleure, la foule qui scande son slogan. Beaucoup d’amateurisme, dangereux, mais surtout… ridicule.

    Effectivement, vive Clooney, qui utilise son nom et les médias pour la cause et non une cause pour se rendre médiatique. C’est raide, mais je le sens somme ça.

  5. Philjeudy permalink
    mars 17, 2012 11:18

    Branleurs…bon faut pas trop pousser Mémé, hein?

  6. Polar Bear permalink
    mars 18, 2012 9:21

    Ça sentait déjà bien l’exhib dans son clip à 80 millions de vues …

  7. mars 18, 2012 3:09

    Dès le début ça sentait le faux cette affaire. Je crois pas qu’il faille se laisser impressionner par une jolie vidéo bien réalisée. Je crois qu’agir à sa petite échelle est d’autant plus efficace! (je retirerai ce que j’ai dit si on attrape Kony dans le mois)

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