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Le foot depuis tout petit…

juin 8, 2012

Depuis tout petit. Rien ne m’y prédestinait. Mon père n’était pas particulièrement impliqué, ma mère non plus.

J’ai tapoté le ballon très tôt, un ballon en plastique de toutes les couleurs qui partait à vingt kilomètres, dans le vent, d’un bon coup de Kickers à pastille rouge ou verte. À la petite école, j’étais toujours partant pour un match. Au collège, il y avait des championnats inter classes. Les places étaient chères pour faire partie de l’équipe. Nous jouions sur des terrains de hand, il n’y avait donc que cinq joueurs de champ et un gardien. Cinq joueurs sur trente élèves, c’était chaud. De la sixième à la quatrième, j’ai tutoyé l’équipe première en de rares occasions, souvent remplaçant, à n’importe quel poste. Puis un jour, le déclic. Je crois que c’était en troisième, une reprise de volée sortie de nulle part, le genre de but qu’on ne voit qu’à la télé et qu’on est bien en peine de reproduire sur commande. Un but de légende, comme on en marque dans ses rêves en finale contre Liverpool, l’Ajax ou le Brésil. Je n’ai jamais plus quitté l’équipe première jusqu’à la Terminale. Après cela, jusqu’à aujourd’hui, j’ai intégré quelques équipes, des championnats d’entreprise, des groupes d’amis du dimanche, et maintenant du lundi. Tout en jouant, j’ai suivi les matchs, les équipes, d’abord fan de Bordeaux (par attachement à St-Jean-de-Luz, allez comprendre), puis de Monaco (pour le maillot qui me rappelait l’Ajax) et enfin le PSG, par devoir. Quant à l’équipe de France, elle m’a causé mes premières et dernières larmes télévisuelles un jour de demi-finales à Séville en 1982. Ce jour-là, j’étais avec mon père dans la salle TV de l’hôtel où nous étions en vacances sur la Costa Brava. Dans la salle, 99% d’allemands et nous deux. À la fin, nous sommes remontés dans la chambre et j’ai pleuré, mon père m’a consolé, je m’en souviens comme si c’était maintenant. Je kiffe le foot pour mille raisons qui tiennent à l’émotion, à l’esthétique, au suspense, au groupe, aux couleurs des maillots, à l’odeur du ballon, à la lucarne opposée, aux injustices, au fait que tant de gens le détestent.

Ce soir et tous les soirs jusqu’à la finale le 1er Juillet, je serai sur Europe 1 aux côtés de Guy Roux et de toute la bande de Laurent Guimier, pour commenter et s’amuser de ce sport qui nous procure tant de petites et pourtant magnifiques émotions. Je n’y serai pas en spécialiste, juste en amoureux de mauvaise foi. Si mon père voyait ça, il rigolerait bien je crois… Et moi je surkiffe.

Ce petit moment merdeux où tu abandonnes ta résolution…

juin 8, 2012
ImageCette année, c’est sûr, j’arrête de fumer. Je ne mange plus de crème brûlées. Je cours trois fois par semaine. Je ne regarde plus les conneries à la TV. Je fais une expo par mois. Je finis mon livre en écrivant le soir. Je… (remplissez les cases).
 
Ça tient le temps que ça tient, parfois pas plus d’une semaine, quelques fois deux. Et puis survient ce moment, anodin, imprévisible, où votre résolution tombe comme un chevalier qui rend les armes. La plupart du temps vous êtes seul avec vous-même, rien ne vous y oblige, aucune pression. Votre cerveau se propose de rompre ce pacte que vous aviez pris, devant tout le monde en plus. Vous êtes là, le visage inexpressif, vous ne pesez même plus le pour et le contre. C’est comme un moment vide, silencieux, hors du temps, où vous agissez comme un robot qui reprend sa marche après quelques détours. Et hop, vous allumez la cigarette, et hop, vous commandez une mousse au chocolat. Pendant ces quelques minutes que dure votre forfait, vous êtes neutre, intouchable, indestructible. Pas question qu’on vous le fasse remarquer, et d’ailleurs ils sont prudents ceux qui s’y sont risqués. Dans une sorte de consensus admis par les proches, comme un pardon récurrent, l’action se déroule et tout s’effondre. Votre record vient de prendre fin, vos belles décisions sont anéanties et vous redevenez vous-même, une personne faible, tiraillée, angoissée, incapable de tenir la distance quand trop d’efforts sont demandés. La cigarette et la mousse se transforment en miroir, le reflet de vos doutes éternels. Juste une fois, dites-vous, sans trop y croire, car vous le savez, le vers est dans le fruit. Foutu pour foutu…
Je ré-arrête le 1er du mois prochain ! Vous fixez une nouvelle date symbolique, un nouveau défi avec le Temps, un truc facile à compter, et si c’est un lundi vous pourrez encore en profiter au déjeuner du dimanche… Pour fêter cette nouvelle résolution, vous en rallumez une, commandez un café gourmand, et pourquoi pas un petit Calva pour la route.
 

Balles neuves.

mai 29, 2012

ImageL’été approche et le bruit de la tondeuse à gazon me replonge inexorablement dans le passé, cette période exceptionnelle où l’on hésitait, pas longtemps, entre réviser le Bac, regarder Roland Garros ou carrément aller jouer au tennis pour faire comme les grands. Petites jupettes au Club House, odeur des balles neuves et bruit de la boîte quand on l’ouvre ; ce « pshiiiiiiiit » si particulier, cet opercule que l’on jette et les quatre balles toute poilues qui tiennent dans la main puis sur la raquette posée à plat. Balles neuves, soleil, un peu d’eau fraîche et les traces de terre battue sur les chaussettes. On espérait jouer sur le meilleur terrain, celui près du public et des jolies filles, ça faisait partie du plaisir. Je m’imaginais ce matin devoir choisir entre réviser le Bac ou jouer au tennis, j’avoue que je n’ai pas mis longtemps à me décider. Balles neuves.

20/20 à ce docu sur Michel Onfray

mai 25, 2012

Découvert sous un jour que je ne connaissais pas.

(une image que j’adore, à 17’50 » jusqu’à 18’20 », la chorégraphie de cette dame (sa mère ?) qui fait tout pour s’effacer derrière lui. Touchant.)

Le syndrome du Caméléon

mai 25, 2012
ImageJe vois un film, je me dis que je voudrais l’avoir réalisé. Je lis un livre, je rêve de l’avoir écrit. J’entends parler d’une start-up qui a levé 20 millions, je me dis que j’aurais bien levé 20 millions. Une appli très drôle sort du bois, je me dis que je créerais bien une appli ludique. Je butine des vies possibles, m’imagine en écrivain, entrepreneur, comédien, moine, philosophe, ébéniste, reporter, ministre, footballeur, astronaute. Comme si j’avais 10 ans. Qu’est-ce que tu feras plus tard ? J’ai l’impression de me poser la question tous les jours, et que cela durera jusqu’au bout. Curieusement, et heureusement, je n’envie personne, mais j’envie l’expérience, l’aventure que cela doit être, les émotions que cela procure certainement. Un petit soupir d’admiration et de nostalgie (sans doute d’un temps où tout était possible), comme la conscience qu’on ne peut pas tout vivre, que le temps est limité, les compétences aussi, le talent, la patience, le réseau, les opportunités. Certains savent qui ils sont très tôt, se tiennent à cette idée, se spécialisent, peaufinent, creusent leur sillon et deviennent experts, souvent heureux (mais rien ne le garantit), solides. D’autres, et je sais que je ne suis pas le seul, tentent, essaient, picorent, explorent, se réjouissant chaque jour de cette extrême liberté tout en observant du coin de l’oeil ces vies possibles et qui ne seront jamais les leurs. Pas facile de poser son sac, de faire ce choix ultime, de décider une bonne fois pour toutes que « c’est ça que je dois faire ». Ceci étant dit, je me réjouis chaque jour du voyage réalisé : le chemin qu’on parcourt est sans doute aussi riche que la destination (et réciproquement ?). Dans mon sac à dos, j’ai un crayon et une caméra, les deux outils de ma vie. Le texte et l’image. Je ne choisis pas, je laisse opérer la cohabitation. Les mots, les plans, les déguisements, le jeu. Je crée des histoires et des personnages, des situations qui surviennent parce que je l’ai décidé. Je crée les vies que je ne pourrai pas vivre.
Doit-on vraiment choisir qui l’on est ? Vous avez deux heures.

Un peu de poésie

mai 20, 2012

Reverrons-nous, un jour, au bout de l’avenue,
Le clair verger, le doux jardin, les treilles mûres,
La corde au puits qui grince et les clefs aux serrures
Et les bassins, les grands bassins graves où j’ai,
Don propitiatoire, en partant, égorgé
Et, goutte à goutte, vu, sur le marbre de l’eau,
Le cou du cygne blanc saigner sous le couteau ?

(Henri de Régnier, Le Départ, Les Jeux rustiques et divins)

Le 7ème jour…

mai 19, 2012

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Le 6ème jour…

mai 18, 2012

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Interviewé au sujet du Bonheur, par Moodtsep (Joanna)

avril 4, 2012

Il y a quelques semaines, une charmante jeune femme me demande si elle peut me poser quelques questions au sujet du bonheur, pour son blog, Moodstep. Son blog !!! Je me suis dit que c’était bien, de continuer à faire des choses pour le plaisir, qu’elle avait raison la Joanna. Son blog est frais, gratuit, généreux, et elle en est à plus de 60 interviews, toute seule avec son Canon et son envie de partage. Petite discussion matinale, 14 minutes et des brouettes, à la fraîche. Merci mademoiselle…

J’ai voulu piéger Pierre-Olivier Carles (Digidust) et…

mars 30, 2012
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Bien joué mon ami.

Quand je suis tombé sur l’annonce postée par Pierre-Olivier, à la recherche d’un Project Leader chez Digidust, d’abord l’intitulé du poste m’a fait sourire, mais ensuite j’ai réellement kiffé le descriptif du job. Je me suis dit soudain que j’allais faire une farce à mon ami. Voir si un gars audacieux et se croyant spirituel pourrait attirer l’attention d’un recruteur tellement sympa. J’ai créé en deux minutes l’adresse mail de Daniel Laurent et envoyé le mail suivant :

« Bonjour, 

 Je vous écris pour postuler comme Project Leader dans votre société.
Je suis un homme, j’ai 36 ans et je me rase, ce qui fait de moi un candidat sérieux.
Pour le tennis j’ai arrêté à 15-2 après avoir smashé dans les roustons de Navratilova pendant un match exhibition (du coup elle n’avait pas de culotte, je ne pouvais pas me douter). Pour le rugby, ce sport m’a toujours fait marrer mais je comprends l’idée. Ça vaut pas un bon match de foot mais s’il faut faire semblant d’aimer les valeurs de l’ovalie pour bosser chez Digidust, je le ferai avec plaisir. Vous me permettrez cependant de ne pas supporter le Stade Toulousain, je les trouve mous du genoux. Je viendrai avec mon fanion du LOU, histoire de voir si mère-grand a bouffé la gourdasse qui se ballade en forêt avec du sucre et des habits rouges, ce qui est déconseillé en termes de camouflage. Mais ce n’est pas le sujet.
Concernant IO5, Android et tous ces mots ridicules, j’espère pouvoir vous démontrer qu’il suffit de connaître leurs existence pour avoir l’air d’un expert, vu que personne en face ne connait vraiment les nuances. Une fois j’ai parlé de Ruby on Rails à un client, il croyait que c’était une marque de vernis à ongle. Depuis je maintiens qu’il faut inventer un langage à chaque réunion, ça donne l’illusion de savoir et les nigauds d’en face se sentent plus intelligents. Gagnant-gagnant comme on dit.
Côté Social Media & Community Management, je suis ce qu’on appelle une légende ; et comme toutes les légendes, je préfère rester discret et ne vous ferai pas l’offense de vanter mon nombre d’amis sur Facebook ou la qualité de mon réseau sur Google+. Quant à Twitter, j’expliquais son principe à Jack Dorsey avant qu’il en ait l’idée.
Enfin, si vous cherchez un Leader, il faudra mettre le Price. Je me suis dit que finir avec un bon jeu de mots serait comme une cerise sur le gâteau quant à ma candidature.
À votre disposition
 
Daniel Laurent

PS : CV en pièce jointe » (je n’ai pas joint de CV, il ne faut pas déconner non plus)
Je gloussais à la relire. Non je que sois certain du résultat, mais rien que d’imaginer la tête de mon ami, je gloussais. La réaction ne s’est pas fait attendre bien longtemps. D’abord sur Twitter :
Alors là j’ai carrément ri de bon coeur, dépassé par ma propre connerie. À peine avais-je le temps de m’en remettre que je recevais la réponse officielle suivante :
« Bonjour,

Pas la peine de vous faire attendre pour la réponse, mon intérêt pour votre candidature s’est arrêté là :
« Concernant IO5, Android et tous ces mots ridicules, j’espère pouvoir vous démontrer qu’il suffit de connaître leurs existence pour avoir l’air d’un expert, vu que personne en face ne connait vraiment les nuances. Une fois j’ai parlé de Ruby on Rails à un client, il croyait que c’était une marque de vernis à ongle. Depuis je maintiens qu’il faut inventer un langage à chaque réunion, ça donne l’illusion de savoir et les nigauds d’en face se sentent plus intelligents. Gagnant-gagnant comme on dit. »
On est un peu Old Fashion chez Digidust, avec des habitudes idiotes comme celle de respecter vraiment nos clients, ceux pour qui nous travaillons et qui nous payent pour cela. Vous avez sans doute pas mal de qualités (accessoirement, vous avez oublié votre CV donc même là, je n’aurais pas pu en juger) mais il va vous manquer celle-ci pour rejoindre notre équipe.
Vous souhaitant beaucoup de réussite dans vos recherches d’une entreprise d’accueil,
Amicalement,

Pierre-Olivier Carles »
Il déconne pas mon pote, et en plus il reste sympa. J’ai kiffé. Sur-kiffé. Je constate qu’il a commencé à refuser ma candidature sur les histoires de technique, mais que côté Tennis et Rugby je n’étais pas loin. Hahaha.
Me dire qu’il était en cachette aussi intègre qu’en réalité. Je n’en doutais pas mais ça m’a fait plaisir. Je l’ai appelé. Il m’a traité de con et on a ri comme des pucelles argentines. 
 
C’est bon les amis. 😉